samedi 9 février 2019

Comment mobiliser contre le dérèglement climatique ?


La peur du dérèglement climatique ne semble pas suffisamment dissuasive pour ceux qui, comme le "français moyen" ont une empreinte carbone qui est trois fois supérieure à celle que nous pouvons nous permettre sur une planète qui compte 7 milliards d'habitants. Mais pour faire évoluer une personne rétive afin qu'elle prenne en compte le problème climatique, il serait plus efficace  de lui permettre de s'identifier à l'une des victimes.

C'est l'extrapolation tiré d'un article "La peur est-elle persuasive ?" parue dans le Cerveau et Psycho de septembre 2016. Dans ce sujet de quatre pages, le chercheur Nicolas Guéguen explique que des personnes informées des ravages d'une mauvaise hygiène dentaire au moyen d'images terrifiantes s'étaient étonnamment moins bien brossées les dents que les sujets informés de manière plus classique. Ceci s'expliquerait par le développement d'une forme de résistance cognitive pour se protéger de l'effroi provoqué chez elles. 

Dans une autre expérience, des fumeurs et des non-fumeurs ont observé des images comme celles présentes sur les paquets de cigarettes. Ces visuels auraient un effet positif uniquement sur les non-fumeurs puisqu'elles les conforteraient dans leur choix. Les autres ont "rationalisé" ces images en disant que c'était valable pour les très gros fumeurs ou ceux ne faisant pas de sport... bref pas pour eux.

Enfin, dans une dernière observation, des fumeurs devaient "jouer les malades", un médecin leur annonçant qu'ils étaient atteint d'un cancer du poumon tandis que des cobayes écoutaient la conversation, sans être informés de la mise en scène. Résultat: les personnes qui avaient participé au jeu de rôle avaient diminué leur consommation dans les mois qui suivirent, contrairement aux fumeurs uniquement témoins des évènements. Il serait donc relativement efficace d'impliquer dans un rôle de victime ceux que l'ont souhaitent voir évoluer.