mardi 23 octobre 2018

Les principales menaces pour l'humanité : consommation, capitalisme et démographie


L'homme occidental s'est très récemment affranchi de nombreuses menaces : il ne craint plus ni les animaux sauvages, ni les grandes épidémies, ni même les famines qui ont longtemps freiné son expansion. Ses besoins vitaux ayant été satisfaits, il a cherché à en assouvir d'autres. La consommation et le capitalisme ont alors pris le relais. 

Selon le consensus scientifique, notre consommation, notre démographie et le capitalisme sont les principaux responsables de l'accélération de l'effondrement de la biodiversité (déforestation, pollution...) mais aussi du réchauffement climatique dont le point de départ est la révolution industrielle, débutée au XIXè siècle. Ces deux phénomènes d'origine humaine sont - toujours selon les scientifiques - responsables de plusieurs sécheresses, famines, guerres et déplacement de population.

Si la responsabilité de notre surconsommation et de notre démographie sont aisément compréhensible, notamment à cause des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'ils génèrent, c'est moins évident concernant le capitalisme. Cette notion peut être relativement abstraite notamment pour ce qui concerne son symbole le plus emblématique, les opérations boursières.

Selon la définition communément admise, le capitalisme est l'action d'amasser plus de capital que ce qui est nécessaire. Or si le capitalisme est souvent défendu par ses supporters comme faisant "partie de la nature humaine", l'empreinte carbone et la pollution superflue qu'il génère par rapport à nos besoins de bases sont nuisibles au reste de l'humanité. En cela, il constitue un individualisme qui s'oppose de fait à l'émergence de valeurs universalistes seules à même de permettre la résolution de problèmes globaux qui ne connaissent pas de frontière. 


Le capitalisme affame et tue

 


Pour mieux comprendre, prenons un exemple, isolons le volet alimentaire, qui a la particularité de répondre à un besoin vital. Ainsi, les scientifiques de l'agence de l'ONU chargée des questions d'alimentation, la FAO, affirment que la Terre pourrait nourrir les 10 milliards d'habitants qui peupleront notre planète en 2050. Cette prospective est toutefois obtenue sur la base d'une augmentation de la production mondiale de... 70%. Ceci alors même que l'agriculture est déjà l'une des principales responsables de l'effondrement de la biodiversité et des émissions de GES via les élevages, les engrais et pesticides conçus à partir du pétrole, ainsi qu'à cause de la déforestation qu'elle engendre.

De plus, cette marche forcée pour l'augmentation de la production agricole, ne résoudra pas certains problèmes alimentaires d'accès à la nourriture. Notamment celui de la spéculation boursière sur les matières premières. C'est pourtant l'une des causes principales d'importantes fluctuations des prix, qui peuvent conduire à des famines. Ce type de "trading" parmi les plus décriés, autorise des capitalistes appâtés par le gain, à financiariser des produits destinés à l'alimentation humaine.  

Le prix du kilo de blé ou de riz, aliment de base peuvent ainsi gonfler de + 300% à la suite d'un affolement boursier ou d'une opération coordonnée de financiers visant à manipuler les cours. Cette situation ubuesque qui entraine peu de conséquences en occident est à même de générer une hausse tragique de la mortalité dans un pays en développement. Ceci, pour qu'au passage, des intermédiaires entre l'agriculteur et le commerçant empochent une plus-value sans qu'il n'ait produit une action réelle sur la production, le transport ou le conditionnement de ces aliments comme expliqué dans la vidéo ci-dessous :

 
Ces inflations dramatiques dont les causes sont purement virtuelles, sont d'ailleurs souvent décorrélées de l'offre disponible pour un produit. Elles sont décriées par les ONG qui luttent contre la faim dans le monde et militent pour davantage de régulation en ce qui concerne les matières premières. Ceci afin d'éviter des hausses de prix irrationnelles qui mettent en péril la vie de millions de personnes.


Jérémi Michaux



Photo traders : droits réservés