mardi 3 avril 2018

Les climato-sceptiques sont majoritairement de droite




En France, le dernier climato-sceptique médiatique est Philippe Verdier, ex-responsable du service météo de France Télévision, devenu animateur à Sud radio. On se souvient qu'il avait été licencié suite au tollé provoqué par la publication d'un livre polémique, à quelques semaines de la COP21. Le "monsieur météo" utilisait alors le terme "supercherie" en évoquant l'origine humaine du réchauffement climatique. Une responsabilité pourtant approuvée par plus de 95% des climatologues et documentée par les cinq rapports du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat).

Mais alors, qu'est-ce qui - en dehors d'intérêts personnels plus ou moins avouables - peut pousser des personnes instruites à adopter une idéologie contredite par un si large consensus scientifique ? Une étude sociologique a été réalisée en 2015 aux États-Unis pour tenter de mieux comprendre le climato-scepticisme. Selon Dan Kahan, professeur à Yale, qui l'a conduite, la principale caractéristique des climato-sceptiques tient à leur biais culturel. Le terme désigne le processus inconscient qui pousse une personne à refuser les thèses qui contredisent "sa vision de ce que devrait être la société". Dans l'étude, les deux groupes qui s'opposent selon ce principe sont ceux qui se revendiquent de droite plutôt opposés à l'interventionnisme de l'État, et ceux de gauche qui considèrent au contraire que le rôle de l'État est d'organiser le fonctionnement de la société.

Or selon l'étude, 22% seulement des américains de droite considèrent que l'homme est responsable changement climatique contre 75% pour ceux de gauche. Le libéralisme n'est certainement pas la seule cause du climato-scepticisme. Mais étant très présent dans la culture américaine mondialisée, il pourrait freiner la prise en compte des problèmes globaux comme le dérèglement climatique ou l'effondrement de la biodiversité.

Causes du réchauffement climatique (bleu pour la gauche et rouge pour la droite) - Dan Kahan, 2014



Michaux Jérémi


Houston après le passage de l'ouragan Harvey en 2017-  Thomas B. Shea