vendredi 20 octobre 2017

Mobilisés contre l'industrie cimentière dans le Parc du Vexin



Au cri de "Stop Calcia, un autre avenir pour notre région", les habitants, agriculteurs et élus de la vallée de Seine ont battu le pavé ce samedi 14 octobre, autour de la préfecture de Mantes-la-Jolie. Ils s'opposent à la réalisation sur des terres agricoles, d'une carrière alimentant en calcaire la dernière cimenterie d'Île-de-France. Située à Gargenville dans les Yvelines, elle a été construite en 1921 et ses fumées toxiques concerneraient directement 11.000 personnes. Les habitants espèrent secrètement porter un coup fatal à l'usine polluante en empêchant ce projet de carrière.

Mais le cimentier Calcia-Heideldberg... et l'Etat, ne l'entendent pas de cette oreille. Eux qui agitent le classique chantage à l'emploi. Sauf que la zone menacée par le projet est déjà utilisé par l'homme. Elle pourvoit même à de nombreux emplois agricoles... et touristiques avec la présence immédiate d'un gite qui "fait" également restaurant. Mais ce n'est pas tout puisque le charmant petit village de Brueil-en-Vexin se trouve à 400 mètres du projet de carrière.

La zone concernée par le projet de carrière cimentière

Pour résumer ce cocktail explosif, nous avons :
  • Un projet de carrière cimentière dans un PNR
  • Des hectares de terres agricoles menacées par la carrière
  • Des sources d'eau potable souterraines qui passent à proximité du site du projet
  • L'une des dix usines les plus polluantes d'Île-de-France (400.000 tonnes de C02/an)
  • Un village situé à 400 mètres à peine du projet de carrière
  • Un expert "indépendant", ancien employé... du cimentier
Le commissaire-enquêteur est un ex-employé de Calcia qui a travaillé près de 20 ans pour le cimentier. Gilles Gomez reconnait d'ailleurs être gêné par la situation, qu'il aurait découvert à posteriori : « Quand on m’a confié la mission, le nom de Calcia n’apparaissait pas. Si j’avais su, je me serais récusé. » affirme-t-il dans le Courrier de Mantes en septembre dernier. Dès lors pourquoi ne l'a t-il pas fait au moment où il a appris que son ex-employeur était le commanditaire de l'étude censée être indépendante ? C'est l'une des nombreuses questions à laquelle l'Etat par l'intermédiaire du sous-préfet devra bientôt répondre. 

Michaux Jérémi


Pour en savoir plus consultez le site de l'association AVL3C et regardez la vidéo que j'ai réalisée sur le sujet :