jeudi 17 septembre 2015

Le bruit généré par l'aviation légère enfin mesuré



DR

Qui n'a jamais été incommodé par le bruit d'un avion survolant son logement ? Il n'est pourtant pas si simple d’évaluer le bruit perçu par les riverains des aérodromes, car son intensité varie selon l'environnement, la vitesse de l'avion, et la hauteur de survol.

Afin de réduire la gène, le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a conçu un dispositif pour évaluer le niveau de bruit généré par les petits avions à proximité des aérodromes et aboutir à des restrictions pour les plus bruyants. Car le problème concerne plus d'un millier d'aérodromes sur notre territoire, sans compter les sites à usage privés. Il était temps car les nuisances sonores des aéronefs sont souvent un motif de stress pour les riverains les plus concernés, ce qui entraîne des recours juridiques aboutissants parfois à des restrictions d’exploitation, voire à des plages de silence sur certains aérodromes.

Baptisé "Calypso", le dispositif instauré depuis juillet 2013 doit permettre selon le Ministère, "de prendre des mesures adaptées, [...] lesquelles seront strictement limitées aux périodes jugées les plus sensibles". Les déplacements diurnes ne seront sans doute pas concernés par les restrictions.


Un test à la charge du propriétaire après juillet 2016


La grande majorité des aéronefs présentent un niveau sonore déjà référencé dans la base de données de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) qui comporte près de 300 modèles et 2000 équivalences. Pour les autres petits avions, leurs propriétaires devront se rapprocher de l'organisme, qui prendra en charge jusqu'en juillet 2016 les dépenses des mesures acoustiques de l'appareil. Elles peuvent ainsi s'élever à un millier d'euros selon le site du Ministère. Le propriétaire devra néanmoins amener son appareil à ses frais, dans l'un des trois centres nationaux habilités.

Le test consistera pour le pilote à réaliser une dizaine de survols à des vitesses et hauteurs définies. Le niveau sonore au sol sera alors mesuré. La référence utilisée pour les mesures sera celle du niveau sonore maximal d’une conversation normal, soit 68 dB. Evidemment, plus l'intensité du bruit perçu au sol dépassera ce seuil, et plus les restrictions de vol seront importantes. (A noter que les hélicoptères et autres ULM disposent d'une législation spécifique sur le bruit avec un seuil à 65 dB hors phases de décollage/atterrissage).

Voici les quatre niveaux de bruit possible :

  • Bruit perçu au sol supérieur à celui d’une conversation 
  • Bruit perçu au sol égal à celui d’une conversation 
  • Bruit perçu au sol inférieur de 3 décibels à celui d’une conversation 
  • Bruit perçu au sol inférieur de 6 décibels à celui d’une conversation

L’avion effectue une dizaine de survols en palier à différentes vitesses, de la plus faible à la plus élevée. Il survole le point de mesure acoustique à une hauteur comprise entre 640ft (195m) et 960ft (293m). La hauteur de référence est 800 ft (244m). La durée de l’essai en vol est de l’ordre de 20 minutes.