jeudi 3 septembre 2015

Comment la France fait face aux catastrophes climatiques


  Résidence Le Signal à Soulac (Médoc)                      © PHOTO THEILLET LAURENT

C'est un fait, nous ne sommes pas tous égaux devant le changement climatique. C'est le cas entre les différents pays du monde, c'est également le cas au sein du territoire national. On le sait, nos côtes, sont très exposée à des phénomènes extrêmes qui accentuent la vitesse d'érosion du littoral. 

Ainsi le Commissariat général au développement durable (CGDD) estime que 24% des côtes littorales françaises reculent alors que 10% seulement sont en extension, le reste étant stable. Ce recul peut représenter jusqu'à une trentaines de mètres par an à certains endroits de la côte Atlantique et va s'accentuer. Car cette érosion est principalement causé par la hausse du niveau des mers, dont les experts du Giec s’attendent à une amplitude de +48 cm en moyenne d’ici la fin du XXIe siècle. Sur nos côtes Atlantique, des habitations qui ont été construites à des centaines de mètres de la mer ont d'ores et déjà disparues.

Régions bénéficiant d'un plan de prévention des risques naturels


Des catastrophes naturelles prises en charge par un fonds


Autre phénomène potentiellement lié au changement climatique et à une urbanisation pas toujours bien gérées, celui des inondations. On l'a encore constaté cet été, des régions entières du sud-ouest de la France ont subi des crues dévastatrices, pour un coût qui se chiffre en centaines de millions d'euros. Les personnes et les collectivités concernés ont 5 jours pour constituer leur dossier auprès de leur assureur.

Afin d'indemniser les particuliers, les entreprises ou les collectivités concernés par un risque de catastrophe naturelle, qui doivent subir une expropriation préventive, ou à posteriori comme ce fût le cas de zones entières après le passage de la tempête Xynthia, un fonds à été créée en 1995. Il s'agit du FPRNM (Fonds de prévention des risques naturels majeurs) aussi appelé "fonds Barnier". Il prend également en charge les investissements destinés à limiter le risque (construction renforcée, secours mieux équipés, lutte contre la sécheresse...).

Pour toutes ces raisons, il n'est pas si évident de lier les hausses des dépenses du FPRNM à une accélération avérée du réchauffement climatique. Ce que l'on peut constater avec certitudes, c'est que de plus en plus de communes sont concernées par le plan de prévention des risques naturels majeurs (voir carte plus haut).

Alors est-ce que les critères de reconnaissance de l'état de catastrophe naturel se sont assouplis, ou bien est-ce que des communes qui étaient auparavant épargnées sont maintenant concernées par les aléas climatiques ? Ce qui est sûr, c'est que le fonds disposait en 2013 d'un budget positif de près de 180 millions d'euros. Soit davantage que les 170 millions qu'il a reversé cette année là, mais bien peu par rapport aux 320 millions d'euros qui ont du être débloqués suite à la seule tempête Xynthia en 2010.

Document tiré du Rapport sur le gestion du fonds de prévention des risques naturels majeurs





Des catastrophes climatiques qui touchent durement les Outre-mer



Ces catastrophes naturelles qui devraient s'accentuer selon de nombreux scientifiques, ne concernent pas seulement la France métropolitaine. Nos îles d'Outre-mer sont également durement touchées par des phénomènes périodiques très destructeurs. C'est le cas des cyclones dont la formation dépend directement des échanges climatiques globaux, D'ailleurs dès la première année de sa création en 1995, le fonds a dû faire face au passage de deux cyclones majeurs dans les Antilles françaises (Luis et Marylin). En effet, le fameux "Fonds Caraïbe pour les catastrophes naturelles" ne concerne pas nos Outre-mer, mais uniquement les pays disposant de leur propre gouvernement comme Haïti, la Dominique, Trinidad...

A ce sujet, François Hollande  a évoqué lors de son dernier passage en Martinique pour le Sommet Caraïbes Climat 2015, son souhait de voir ce fonds Caraïbe plus "largement doté", sans plus de précision. Certains y ont vu une volonté d'intégrer les Antilles françaises parmi les bénéficiaires. Depuis quelques années, c'est le "Fonds de secours pour l'Outre-mer" qui est mobilisé par l'Etat pour aider financièrement les sinistrés -non assurés- qui se trouvent dans une situation économique et sociale fragile suite à une catastrophe naturelle.

Ce fonds spécifique a été créé pour pallier au faible taux d'assurance des entreprises et des particuliers en Outre-mer (entre 40 et 50% contre plus de 90% en métropole). Les sommes versées sont toutefois moindres que celles qu'il aurait été possible d'obtenir par le biais d'une assurance. A titre d’exemple, le niveau moyen des aides attribuées à chaque dossier de particulier a varié ces dernières années entre 500 et 1 000 euros selon les événements. Pour les petites entreprises, entre 2007 et 2009, le niveau moyen des aides attribuées a varié entre 2.000 et 6.000 euros.