vendredi 25 septembre 2015

5 faux projets écologiques qui ont échoué



Des pneus pour remplacer les coraux de la Méditerranée


Au cours des années 80, des dizaines de milliers de pneus usagés dont on ne savait que faire ont été immergés sur la Côte d'Azur, entre les villes de Cannes et d'Antibes avec l'aval des pouvoirs publics et de scientifiques qui affirmaient qu'avec le temps, ils serviraient de refuge à la faune et à la flore. Malheureusement, la vie marine ne s'est jamais développée autour des amas de pneus disposés ici et là par 30 mètres de fonds. Car en se décomposant, ces derniers rejettent des hydrocarbures et des métaux lourds qui s'avèrent toxiques pour les organismes marins.

Pire, les pneus se sont dispersés au grès des courants, en écrasant les herbiers dont se nourrissait la faune marine. Pour ces raisons mais aussi afin de limiter leur impact visuel dans cette zone classée Natura 2000, l'Agence des aires marines protégées a récemment décidé d'en récupérer une petite partie pour un coût prohibitif de 160 000 euros.


Le nucléaire limiterait le changement climatique


C'est la dernière idée des industriels du nucléaire pour tenter d'améliorer l'image de cette source d'énergie. Selon ce nouvel axe de communication post-Fukushima, le nucléaire contrairement aux autres énergies fossiles n'émettrait pas de gaz à effet de serre et les pays comme l'Allemagne qui ont renoncé à cette "énergie propre" se tromperaient de voie. Cet effort de communication est payant puisque, l'affirmation que le nucléaire est une "énergie d'avenir" car il serait "décarbonnée" est devenue tenace chez ses partisans. Pourtant les plus de 100 000 tonnes de combustible nucléaire nécessaire chaque année pour faire fonctionner les 58 réacteurs français sont obtenus au prix d'un processus d'extraction et de concentration par centrifugation extrêmement énergivore, et donc fortement émetteur de CO2.

Or, le chiffre d'émission de CO2/kilowattheure produit, donné par l'industrie nucléaire tournent autour de 10 grammes. C'est beaucoup moins que ceux de plusieurs études indépendantes qui oscillent plutôt entre 50 et 100 grammes/kWh. La différence importante entres ces chiffres vient principalement du fait que la coûteuse gestion des déchets radioactifs prévue pour durer des centaines d'années, mais aussi le démantèlement des sites concernés ne sont jamais intégrés aux calculs des producteurs d'énergie nucléaire. Or ces étapes indispensables sont longues et génèreront d'importantes quantités de CO2. Le problème c'est qu'on ne sait pas les évaluer car elles n'ont jamais été réalisées. Quant aux énergies renouvelables, recyclage compris, leur empreinte écologique s'établit à environ 15 g de CO2/kWh pour l'éolien et 25 gramme/kWh pour le solaire.



Le téléphone portable solaire


Les portables solaires ont disparu de l'offre des fabricants de téléphone aussi vite qu'ils étaient apparus. Et, mis à part les quelques aventuriers à qu'y  ils permettaient de voyager sans avoir à recharger sur une prise de courant, on ne va pas s'en plaindre. Car, il faut savoir que la fabrication de cellules photovoltaïques génère une pollution que la faible durée de vie d'un téléphone ne permet pas de compenser. En effet, la purification du silicium utilisé pour la fabrication des cellules, nécessite un chauffage à très haute température, puis un traitement chimique qui consomment beaucoup d'énergie et génèrent de la pollution.

Ainsi, pour produire l'équivalent de l’énergie qui a été nécessaire à leurs fabrications, des panneaux photovoltaïques installés sur un toit doivent fonctionner environ deux à trois ans selon l'Agence International de l'Energie. Or, dans le cas d'un téléphone portable dont la durée de vie moyenne est de 3 ans, l’énergie consommée pour la fabrication de la cellule photovoltaïque serait supérieures aux économies énergétiques qu'elle permettra de réaliser pendant sa durée de vie. Pour que ce ne soit pas le cas, il faudrait laisser constamment son téléphone portable en charge sur le toit de son habitation. Pas très pratique !


Le stockage géologique du CO2


La méthode qui consiste à injecter le CO2 que l'on produit dans le sous-sol, afin qu'il ne se retrouve pas dans l'atmosphère en augmentant l'effet de serre, est une expérimentation dont on parle de plus en plus. Prometteuse pour certains, la solution permettrait de limiter le changement climatique. Toutefois, des spécialistes estiment à contrario que les émissions supplémentaires de polluants générées pour capter, compresser, transporter, et injecter le CO2 sous forme de gaz liquide réduiraient d'un tiers les bénéfices écologiques de la méthode.

Le coût du stockage géologique du CO2 est également en cause. Selon l'Ademe : la technique serait "coûteuse et énergivore". Pour l'agence française spécialiste de l'énergie, elle ne doit pas supplanter les leviers efficaces que sont la réduction de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables.

Le troisième point d'achoppement entre "les pro et les anti" touche à la sécurité du stockage. En effet, le CO2 est un gaz hautement toxique en cas de fuite puisqu'il suffit qu'il représente 10% de l'air respiré pour provoquer la mort par asphyxie en moins de dix minutes. Les sites choisis pour le stockage géologique devraient par conséquent être situés loin des lieux de production et de vie. Cela nécessiterait un coûteux transport par camion-citerne.

Pour finir, la séquestration géologique du CO2 ne concernerait que les très gros émetteurs tels que les aciéries, les cimenteries ou les centrales électriques. Compte tenu du coût élevé de la méthode, il serait inenvisageable de capter les émissions des émetteurs plus petits.


Le marché européen du carbone victime de fraude


En 2008, l'instauration pour les entreprises les plus polluantes de quotas carbone à l'échelle européenne obligeait les sociétés à payer pour avoir le droit de polluer davantage que les quotas initiaux trop bas qu'elles avaient reçues. Pour continuer à fonctionner normalement, elles devaient acheter des quotas supplémentaires à des sociétés européennes qui vendaient les leurs. Cette idée complexe donnait pour la première fois un coût aux émissions de CO2.

Pourtant la manière dont cette "taxe carbone" a été instaurée à l'échelle européenne a permis le développement d'une fraude qui a causé plus de 10 milliards de pertes pour les Etats de l'U.E. Car les financiers qui ont conçu le marché du carbone ont fait une erreur assez étonnante. En effet, décider d'ouvrir ce marché à n'importe quel investisseur sans qu'il n'y ait d'intermédiaire (banques, courtiers...) a permis aux escrocs de s'introduire directement sur le marché.

Sans aucun contrôle, toute personne qui avait crée une société fantôme pouvait alors acheter un quota de 100.000 tonnes de CO2 à 5 euros pièces sur le marché Belge sans TVA (en tant que professionnel), puis les revendre en France avec une TVA à 20% à une société qui en avait besoin pour poursuivre son activité. C'est à chaque fois l'Etat qui versait la TVA à la société fictive selon le principe bien connu de "l'avance à la TVA". Il ne restait alors plus qu'au fraudeur à transférer les 10.000 euros de la TVA dans des paradis fiscaux et à mettre la société en faillite au bout de quelques mois. Ceci afin  que le Fisc s'aperçoive de la supercherie quand le fraudeur serait déjà dans un pays refusant l'extradition comme Israël ou Dubaï.

Ainsi le très décrié marché carbone a été mal pensé dès l'origine. Heureusement aujourd'hui, il est nécessaire pour y avoir accès,d'avoir recours à des intermédiaires qui garantissent davantage la fiabilité des sociétés qui souhaitent réaliser une opération sur ce marché.