mercredi 6 mai 2015

La Chine fait sa deuxième révolution verte



Pour les spécialistes du transport et de l'énergie, la Chine est le pays à suivre. Le pays s'érige de jours en jours en laboratoire grandeur nature de l'industrie green.

Qu'on ne s'y trompe pas, la Chine restera longtemps l'un des pays les plus pollués qui soit, héritière qu'elle est de méthodes industrielles d'un autre âge. Pourtant, en observant l'autre face du pays, on comprend que les dirigeants chinois ont intégré qu'à l'échelle mondiale la future révolution industrielle sera green ou ne sera pas. Le pays soutient donc massivement ses entreprises nationales qui choisissent d'investir dans ces secteurs, quitte à être accusé de dumping déloyale par leurs concurrents européens et américains.

L'exemple le plus emblématique est celui des panneaux solaires vendus dans les pays développés à des prix si bas qu'ils dopent le marché des installateurs, en même temps qu'ils causent restructurations et fermetures chez les fabricants nationaux. Dans un premier temps, l'objectif est de gagner des parts de marché quitte à gagner un peu moins d'argent avec des produits souvent moins qualitatifs. Pourtant à l'image de la Corée du Sud dans l'électronique et dans l'automobile, la Chine ne cesse d'améliorer la qualité de ses productions.

Le barrage des Trois gorges en Chine (photo Euclid van der Kroew)

La Chine leader des transports green


Les exemples concrets de cette vision qu'ont de nombreux Hommes d'affaires et politiciens chinois sont nombreux. Il vont du simple vélo électrique, jusqu'à la création de villes au réseau électrique intelligents, en passant par la construction de centrales solaires géantes. Quand on pense aux grands projets énergétiques du pays, la première images qui nous vient est celle du plus grand barrage au monde, celui des Trois gorges, très décrié pour son immensité et pour les dégâts sociaux et environnementaux qu'il a généré.

Le gigantisme est effectivement l'une des composantes de plusieurs projets énergétiques chinois. C'est le cas de la future centrale solaire d'Ordos en Mongolie intérieure qui développera une puissance d'environ 1 gigawatts, proche de celle des (futurs) réacteurs nucléaires EPR. Une prouesse qui en fera la plus puissante au monde mais nécessitera une surface au sol de près de 64 km2. En revanche, le projet porté par l'américain First Solar coûtera "seulement" 600 millions d'euros contre 9 milliards d'euros pour l'EPR.

Bus électrique chinois en test à Bruxelles


Mais la Chine, c'est également de grandes villes polluées par un smog toxique, causé par une industrie et un parc automobile aux normes antédiluviennes. L'Etat chinois, de plus en plus durement mis en cause pour ce scandale sanitaire majeur cherche à favoriser les initiatives les moins polluantes notamment en milieu urbain. Cette volonté politique a conduit le pays à devenir l'un des plus en pointe dans le domaine des transports hybrides et électriques.

On ne compte plus le nombre de scooters et de voitures électriques et hybrides produites par les constructeurs chinois et destinés au marché intérieur. Les transports en commun ne sont pas non plus en reste puisque la Chine investit massivement dans les bus hybrides et électriques à tel point que les observateurs la voient déjà comme le leader de ce marché plus ouvert à l'international que celui de l'automobile.


La Grande muraille verte, un projet écologiste bien esseulé





Si les atouts de la Chine sur le secteur de l'industrie verte sont indéniables, on sait qu'en matière de préservation de l'environnement, le pays en est encore à ses balbutiements. A noter toutefois le succès médiatique mérité que représente la réalisation de sa "Grande muraille verte" destinée à ralentir l'avancée du désert de Gobi.

Le chantier est titanesque puisqu'il s'étendra sur 4500 km et nécessitera la plantation de 36 millions de végétaux. Le programme commencé en 1990, et qui s'achèvera en 2075, a déjà permis au pays de reboiser une superficie de 2,5 millions d'hectares selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Depuis le lancement du programme, le pays détient le record du meilleur élève en la matière.