mercredi 27 mai 2015

Pollution : vaut-il mieux prendre le bus ou le train ?



Le bus sont-ils plus polluants que les trains ? La question liée à la source d'énergie qui permet au train de se mouvoir est d'actualité. En effet, il semble que le gouvernement, actionnaire unique de la SNCF souhaite fermer de nombreuses lignes "Intercités" non rentables en dépit du service public offert aux habitants des régions concernées. Ils peuvent prendre le bus semble leur répondre le gouvernement.

En effet, la question de la mobilité des populations concernées serait considérée comme étant réglée depuis que le gouvernement a récemment permis à des entreprises privées d'exploiter les lignes de bus longues distances reliant les villes au travers de la très décriée "Loi Macron".


Lignes Intercités les plus menacées (Infographie par Le Parisien)


Une libéralisation du bus voulue pour remplacer les trains Intercités


Avec le recul, on comprend maintenant que cette "libéralisation du bus" avait été décidée pour pallier à la fermeture future de plusieurs lignes de train. Des fermetures inéluctables selon un rapport commandé par le gouvernement et publié hier. Les trains Intercités coûteraient aux contribuables au moins 300 millions d'euros par an. Pire, certaines dessertes comme Bordeaux-Lyon ou Hirson-Metz seraient respectivement déficitaires à hauteur de 280 et 210 euros par passager. Cela arrive lorsque les trains circulant ne sont pas suffisamment remplis et que les offres concurrentes s'avèrent très efficaces.

Devant le gouffre financier que représentent certaines lignes, il semble urgent de réagir. Pourtant, alors même que la "Loi de transition énergétique" est actuellement en débat au Parlement, il n'y a rien dans le rapport sur le coût écologique qu’entraînera ce report des voyageurs sur la route, ou pire vers l'avion. La décision de réduire le nombre de train n'est pourtant pas neutre en carbone, mais cette absence d'information confirme que le titre ronflant de Ministère de l'Ecologie, de l'Energie et du Transport octroyé à Ségolène Royale est un leurre, surtout concernant la dernière proposition. Car c'est bien Alain Vidalies, secrétaire d'Etat au transport qui a commandé et réceptionné le rapport.


Le bus pollue 4 fois plus que le trains Intercités


Les écologistes le savent, le train -quand il fonctionne à l'électricité- est le moyen de déplacement à longue distance le moins polluant localement. A nombre égale de personnes transportées, les déplacements en bus émettraient jusqu'à quatre fois plus de dioxyde de carbone que les lignes de trains d'Intercités qui sont menacées de fermeture (selon les informations du site de L'Obs visible dans l'infographie ci-dessous). C'est le cas de la desserte Rouen-Le Havre qui passe de "seulement" 1,1 kilos de CO2 rejeté par voyageur en Intercités à 3,9 kg en autocar.

En cas de fermeture des lignes d'Intercités, le volume de passagers qui se reporteraient sur la route, voire sur l'avion, serait colossal. En effet, les 22 lignes de jour et les 8 lignes de nuit d'Intercités sont empruntées quotidiennement par un peu plus de 100 000 personnes.

Infographie réalisée pour L'OBS

En faisant un tour sur une page du site de la SNCF consacrée à ses émissions polluantes, on obtient les rejets de CO2/km d’un voyageur, par type de train (données basées sur les consommations d’énergie et sur la fréquentation de 2013) :
  • TGV : 3,4 grammes de CO2/km (100% électrique)
  • Métro : 3,9 g de CO2/km (100% électrique)
  • Tramway : 3,7 g de CO2/km (100% électrique)
  • Transilien : 6,2 g de CO2/km (électrique ou diesel)
  • Intercités : 11,9 g de CO2/km (électrique ou diesel)
  • TER : 30,7 g de CO2/km (électrique ou diesel)

L'information pour les émissions de ses récents autocar iDBus a été un peu plus difficile à trouver sur les multiples sites de la SNCF :
  • iDBus : 41,7 g de CO2/km (diesel)

Au regard de ces informations, il apparaît que les trains Intercités dont le rapport évoque souvent la vétusté, ne sont pas les plus polluants du parc de la SNCF. Ils émettent pratiquement trois fois moins de CO2 que les TER dont une grande partie fonctionnent encore au diesel. Mais surtout, on voit que les trains Intercités émettent presque 3 fois moins de pollution que les autocars inter-urbains de la SNCF. Selon les estimations du ministère des Finances, le trafic longue distance par bus en France pourrait passer de 110 000 passagers en 2013 à quelque 5 millions à terme.


Si vous souhaitez connaitre les émissions moyennes de COpour un trajet précis : Chiffre carbone.fr