vendredi 27 mars 2015

Bientôt des toits végétalisés sur tous les bâtiments commerciaux



C'est désormais dans la loi. Les toits des futurs bâtiments situés dans une zone commerciale devront au choix, être végétalisés, ou bien disposer de panneaux solaires ou d'éoliennes. C'est en substance l'amendement approuvé la semaine dernière par l'Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi relatif à la biodiversité. La proposition initiale a été faite par le groupe Europe écologie les verts (EELV) qui souhaitait néanmoins que la mesure s'applique à tous les nouveaux bâtiments construits.

Cette loi devrait notamment accélérer le rythme d’adoption du solaire en France, à la traîne par rapport à d’autres pays européens et ne nous permet pas de respecter les objectifs fixés lors du Grenelle de l'environnement en matière d'énergie renouvelable. Car ne nous y trompons pas, l'essentiel des promoteurs choisiront d'installer des panneaux solaires, voire des éoliennes, plutôt qu'un toit végétalisé.

Si la possibilité de disposer d'une mini centrale productrice d'électricité sur le toit d'un bâtiment commercial se comprend aisément en terme économique et d'autonomie énergétique, on connait mal les avantages d'un toit végétalisé. Pourtant l'intérêt des toitures végétales n'est pas seulement d'ordre esthétique.


Des toitures vertes pour réguler la température


Les toits végétalisés contribuent à rafraîchir l'air ambiant lors des canicules estivales qui impactent fortement les espaces urbanisés. Ils fournissent également une isolation naturelle aux bâtiments qu'ils recouvrent en leur tenant chaud en hiver et en les refroidissant durant l'été. C'est pour cette raison qu'il n'est pas rare de voir des maisons avec un toit vert dans nos régions montagneuses et dans les pays d'Europe du nord.

Cette "cinquième façade" green est également un point positif pour la gestion des eaux, car les toitures végétalisées permettent d’augmenter la capacité d’absorption des eaux de pluie par les surfaces qu'elle recouvrent et donc de limiter les volumes d'eau à gérer par les bassins de rétention. De plus, comme tous végétaux, ceux présent sur ces nouveaux toits produiront de l'oxygène et absorberont du CO2. 

Des maisons végétalisées en Islande


Biodiversité et qualité de vie sur les toits verts


Mais surtout, les toitures vertes autoriseront la préservation et la reconquête d'une biodiversité riche en créant des espaces de nature en pleine ville. Ces jardins à l'écart de l'agitation de la vie urbaine devraient avoir la faveur des petit animaux tels que les oiseaux par rapport aux parcs où ils sont à la merci de nos amis à quatre pattes.

A ces points positifs, ajoutons-en un dernier auquel on ne pense pas forcément : la possibilité offerte aux salariés qui auront en charge la gestion de ces espaces de s'évader de temps en temps de leur travail plus routinier.

De l'autre côté, le point crucial à surveiller pour la réalisation de ses toitures sera paradoxalement l'étanchéité car recouvrant le toit proprement dit, il ne faudrait pas que l'eau retenue par les plantes et la terre s'infiltre dans ce dernier. Forcément réalisé par des professionnels, il faudrait compter entre 120 euros et 150 euros le mètre carré pour un toit d'une quinzaine de mètres carrés, contre 50 euros pour des surfaces plus grandes.

L'entretien, modique serait compris entre 5 euros et 10 euros par mètre carré/an. Les végétaux peuvent au choix être posés sur des bâches imperméables, à même le toit ou bien se trouver dans de grands bacs plus facilement déplaçables. Reste à définir la surface minimale que devra occuper la partie végétalisée par rapport à la surface totale du toit.

Les écologistes sont dans l'attente de la deuxième lecture de la loi relative à la biodiversité afin d'influer sur une surface qu'ils voudraient la plus importante possible. Un nouveau combat en perspective. Ce qui est sûr, c'est que les rares entreprises spécialisées dans ce type d'aménagement voient déjà l'avenir en vert.

Toits verts au Québec