lundi 16 mars 2015

Vous devriez vous intéresser à l'irradiation de vos aliments !





C'est tellement gros, que de prime abord, on a un peu de mal à y croire. Mais à moins de s'alimenter à 100% en produits Bio, nous mangeons tous régulièrement de la nourriture irradiée. Oui, vous avez bien lu, irradiée !

L'industrie agroalimentaire et l'Etat qui se gardent bien de communiquer sur l'irradiation alimentaire autorisée en France depuis... 60 ans préfèrent parler d'aliments ionisés. Une mention qui doit obligatoirement être inscrite sur les emballages des aliments ayant subi ce traitement comme on peut le voir dans Aliments irradiés, mauvaises ondes dans nos assiettes (visible sur le site de France 5 jusqu'au 9 avril).

Malheureusement, ces aliments sont le plus souvent incorporés dans d'autres préparation sans qu'aucune mention ne soit nécessaire. De plus, l'unique contrôle sur l'irradiation des aliments effectué une fois par an par les agents de la répression des fraudes dans chaque département n'incite pas l'agro-alimentaire à une grande rigueur. La mention d'ionisation est souvent absente en magasin, notamment pour les produits vendus en vrac.

Le fait qu'il n'y ait qu'un seul laboratoire en France qui puisse contrôler si un aliment a été irradié ne va pas non plus dans le sens du consommateur. Surtout que ce laboratoire unique n'a pas les instruments pour calculer le niveau d'irradiation du millier de tonnes d'aliments ionisés en France chaque année selon un rapport de la Commission européenne datant de 2010 (chiffres fournis par les états). Alors encore moins celui des aliments importés qui ne respecteraient pas l'obligation d’information, et ce en toute impunité selon la DGCCRF puisque par manque de moyen, les contrôles d'irradiation à l'entrée du territoire seraient tout simplement inexistants. Vous voyez que le dossier de l'irradiation alimentaire pèse lourd !



Une source d'émission capable de tuer un Homme en une minute



Ce qui est sûr concernant l'irradiation, c'est qu'elle nécessite des sources d'émissions radioactives qui, placées à proximité d'un aliment, éliminent sans distinction tous les organismes vivants qui le composent. Ces générateurs de rayons gamma sont d'ailleurs si puissants que sans protection spécifique, une exposition d'une minute, à une distance d'un mètre suffirait à tuer un Homme (regardez ce doc !).

Certains scientifiques ont également obtenu des résultats qui montrent que l'irradiation des aliments joliment surnommée "pasteurisation à froid" par ses défenseurs, pourrait créer des composés toxiques et mutagènes. C'est ce que pense notamment le Pr Eric Marchioni qui s'est récemment rapproché de la députée verte Michelle Rivasi, laquelle est convaincue de la nécessité d'informer le grand-public sur l'irradiation alimentaire.


Interdit en agriculture biologique, l'irradiation / ionisation autorise la conservation de ces aliments sur plusieurs mois, voire plusieurs années, tout comme le permet la pasteurisation classique (à chaud). Les deux méthodes entraînent une baisse de la qualité nutritive de l'aliment, mais la pasteurisation à chaud ne laisse pas de traces dans l'aliment. Au contraire, un aliment irradié émet à son tour des radiations plus ou moins importantes en fonction de son niveau d'irradiation.

La viande de volaille est fréquemment irradiée


Des chats irradiés par leurs croquettes en Australie



On peut donc se demander si certains aliments ionisés ne sont pas durablement irradiés ? C'est la question que se sont également posées la centaine d'australiens, propriétaires de chats touchés par une maladie foudroyante à l'été 2009 (voir le doc). Un mal qui tua certains de leurs animaux, et laissa de graves séquelles à d'autres. Ce scandale, reconnu par les autorités australiennes comme étant la conséquence d'une sur-irradiation d'un lot de croquettes consommés par ces chats a permis de modifier la législation. L'irradiation d'aliments destinés aux chats est depuis interdite en Australie. Ce n'est pourtant pas le cas de la nourriture dévolue aux humains.

En France plusieurs aliments peuvent subir une irradiation prévue par un arrêté en date du 20 août 2002.  Ces aliments potentiellement irradiés sont :
  • La viande de volaille (460 tonnes en 2010)
  • Les fraises
  • Le camembert au lait cru
  • Les céréales et leur germes
  • La farine de riz
  • Les crustacés et mollusques surgelés
  • Les crustacés frais
  • Les fruits et légumes secs
  • Les épices et herbes aromatiques
  • Les oignons, l'ail, les échalottes 
  • Le blanc d’œufs 
  • La soupe en sachet, les nouilles
  • Les cuisses de grenouilles
  • Le sang séché
  • La gomme arabique
  • Les additifs alimentaires caséïne, caséïnates et ovabulmine

A noter qu'en restauration collective, il n'y a aucune obligation d'affichage concernant l'irradiation. Mais ce n'est pas tout puisque d’après la DGCCRF les contrôles à l’importation de produits ionisés seraient quasi inexistants. On serait donc bien au-delà du millier de tonnes généré par les cinq centres d'ionisation français.

Le documentaire d'Aude Rouaux visible sur France 5 jusqu'au 9 avril prochain Aliments irradiés, mauvaises ondes dans nos assiettes