jeudi 26 février 2015

Qu'est-ce que l'économie circulaire ?



L'économie circulaire, c'est préférer le cercle à la ligne droite. C'est par exemple réutiliser des pneus de voitures usagés pour faire du goudron. C'est se servir de la chaleur produite par un data-center informatique pour chauffer un éco-quartier. Mais c'est aussi le système de consigne des bouteilles en verre de nos parents.

Le concept d'économie circulaire est vieux comme le monde mais il faut avouer que notre société de consommation l'avait quelque peu ringardisé sur l'autel du tout jetable, avec les problèmes que l'on connait. Remise au goût du jour par les écologistes et par les professionnels du développement durable, elle figure même au programme de la transition énergétique voulue par le Ministère de l'écologie et de l'énergie. Logique puisqu'en incitant à sortir d'une logique d'économie linéaire, l'économie circulaire est durable.

Economie linéaire : Extraire - Fabriquer - Consommer - Jeter - Extraire
Economie circulaire : Extraire - Fabriquer - Consommer - Recycler - Extraire

L'économie circulaire privilégie une logique où le recyclage supprimerait la nécessité d'extraction. Elle mise sur une approche de réutilisation complète des ressources disponibles. On pourrait d'ailleurs remplacer le terme économie circulaire par la formule "rien ne se perd, TOUT se valorise".

Afin de mieux comprendre ce qu'est ce concept, il faut s'imaginer un cercle vertueux de consommation où tous les déchets que nous produisons seraient valorisés d'une manière ou d'une autre. Mais l'économie circulaire, ce n'est pas seulement ce recyclage optimisé.





L'économie circulaire au service de l'environnement


L'un des autres versant de l'économie circulaire est la relocalisation de la production. En effet l'économie circulaire promeut l'utilisation des ressources disponibles les plus proches du lieux de fabrication et de consommation. Ce recyclage et cette réutilisation sont réalisés dans le pays où le bien a été utilisé afin d'éviter un transport générateur de pollution à l'échelle du globe.

Les composantes d'une économie dite circulaire sont :
  • zéro gaspillage, zéro déchet
  • Valorisation des bio-déchets (engrais naturel, méthane...)
  • Utilisation de l'énergie de récupération (chaleur de serveurs informatiques...)
  •  Prise en compte de l'énergie grise dans l'empreinte carbone d'un objet (énergie nécessaire à son cycle de vie complet) 
  • Prise en compte du coût écologique du transport
  • Développement d'une agriculture urbaine circulaire pour aider à approvisionner les villes 
  • L’écoconception des biens et des services (emballage réduit...)
  • L’écologie industrielle et territoriale (mutualisation et préservation des ressources...)
  • L'allongement de la durée de vie des biens (garanties étendue, création de recycleries)
  • L'économie de la fonctionnalité (location plutôt qu'achat de biens pour inciter les fabricants à fabriquer durable)

Cependant pour les associations écologistes, l'économie circulaire doit être au service de l'écologie et non l'inverse. Ainsi, il ne veulent pas d'une économie circulaire qui fasse l'impasse sur l'aspect durable. Quel serait l'intérêt pour les citoyens d'incinérer des milliers de tonnes d'emballages pour produire de l'énergie... et de la pollution, quand il suffirait de pousser les industriels à réduire le suremballage ?




Paris en précurseur de l'économie circulaire 


Ne nous y trompons pas, l'Etat qui découvre le concept d'économie circulaire est loin d'en avoir le monopole. Plusieurs entreprises ont déjà sauté le pas. Ainsi Michelin est devenue un chantre de l'économie de fonctionnalité, l'un des piliers de l'économie circulaire. La société  française est ainsi passée d’un modèle de vente de pneumatiques aux transporteurs routiers à un modèle de mise à disposition de pneumatiques facturés aux kilomètres parcourus par les camions. Cette idée simple a poussé Michelin à proposer des pneus à la durée de vie plus longue, tout en augmentant son chiffre d’affaires et ses bénéfices.

C'est aussi le cas de l'entreprise Xerox qui ne vend plus ses imprimantes, mais les loue moyennant une facturation à l’usage. Restant propriétaire des appareils, ces derniers ont été conçus... pour être réparés. Ainsi les nouvelles générations de machines seraient aujourd’hui composées de 70 à 90 % des composants des anciennes machines avec un gain économique qui s'élèverait à plusieurs millions d'euros par an.

Après avoir annoncé la fin prochaine du diesel dans ses rues, la mairie de Paris veut faire de l'économie circulaire un des marqueurs de sa politique environnementale. Ainsi Paris organisera le 11 mars prochain des "Etats généraux de l'économie circulaire du Grand Paris".  L'objectif est d'aboutir à la présentation mi-septembre d'un Livre blanc, qui détaillera le plan d'action que la région mettra en oeuvre.

La maire Anne Hidalgo souhaite notamment qu'en 2016, pas moins de 150 sites municipaux (cantines, marchés) viennent s'ajouter aux 250 qui sont déjà équipés d’une collecte des biodéchets, que huit millions d’euros soient investis pour développer l’agriculture urbaine. Et que la redistribution solidaire des invendus sur les marchés soit généralisée.