vendredi 16 janvier 2015

Des plantes pour dépolluer les sols

Grevilea

Pour la majorité des gens, les plantes dépolluantes sont des végétaux qui absorbent certaines particules nocives de l'air intérieur de nos habitations avec une efficience toute relative. En effet, capter des polluants en suspension dans l'air est moins efficace que de les absorber directement dans le sol au moyen des racines. Ce procédé naturel, en plein développement est appelé la phytoextraction.

Les plantes qu'étudient Claude Grison (médaille de l'innovation du Cnrs) absorbent des quantités importantes de molécules toxiques pour lesquelles les méthodes traditionnelles de séparation des éléments sont souvent inefficaces. Cette phytoextraction permet donc de récupérer des minéraux nocifs mais aussi potentiellement utiles à l'industrie car en voie de raréfaction. C'est le cas du nickel dont la Nouvelle-Calédonie possède 10% des ressources mondiales dans des mines à ciel ouverts, qui empoisonnent la terre et l'air. On le sait, le nickel est une substance cancérigène pour l’Homme, dont l'exposition chronique augmente les risques de cancer du poumon.

On comprend mieux l'importance de dépolluer la couche superficielle située sur les sols des anciennes mines calédoniennes. C'est actuellement plus de 5 ha qui sont en réhabilitation sur l'île grâce aux massifs de Grévilea et au travail de pionnière de Claude Grison.



Du plomb présent dans la matière sèche du Noccaea


Le Gravilea sélectionnée pour ses propriétés hyper-accumulatrice contribue à absorber ce métal dans sa biomasse. Elle est alors coupée et recyclée grâce à un traitement thermique et chimique afin d'en isoler les différents éléments. Le nickel est un bon exemple qui peut s'appliquer au zinc ou au plomb, responsable de cas de saturnisme notamment dans le Gard à Saint-Laurent-le-Minier. 

C'est dans ce hameau que la scientifique concentre les résultats de ses recherches et obtient des résultats probants puisque les Noccaea parviennent à contenir jusqu'à 1% de plomb dans leur matière sèche. Un pourcentage qui laisse entrevoir des possibilités d'industrialisation du procédé de séparation breveté par la start-up Stratoz, partenaire du projet.

Hyper-accumulatrice la Noccaea !