jeudi 22 janvier 2015

Le coût sanitaire et financier des embouteillages


A cause d'un pic de pollution, le stationnement est une nouvelle fois gratuit ce jeudi à Paris alors que les limitations de vitesse sont abaissées. Cette pollution qui s'additionne à un air globalement de mauvaise qualité dans les grandes agglomérations pose une nouvelle fois la question du coût pour la collectivité générée par la circulation automobile, et par son corollaire, les embouteillages.

On connait relativement bien la facture économique des bouchons en France. On en fait même des prévisions qui atteignent 22 mds d'euros en 2030. Ce chiffre colossal est le résultat d'une augmentation des embouteillages de plus de 30% par rapport à la situation actuelle. C'est le constat implacable d'une étude réalisée par le fournisseur d'info-trafic Inrix et par les anglais du Center for Economics and Business Research (Cebr).

Avec cette hausse des ralentissements, autant dire que l'utilisation d'un véhicule aux heures de pointe dans les zones les plus fréquentées deviendra compliquée. En cause, l’augmentation du parc automobile, liée à celle du pouvoir d'achat ainsi que l’accroissement de la population et la baisse du coût de possession d’une voiture.


Les différents coûts des bouchons


Logiquement les habitants des grandes villes et de leur périphérie sont les plus impactés par les embouteillages. Chaque année, les conducteurs parisiens perdent en moyenne 58 heures bloqués dans les bouchons, l’équivalent d’environ une semaine et demie de jours ouvrés de travail ! Et comme le temps, c'est aussi de l'argent, l'étude de l'Inrix à calculé que dans une quinzaine d'année les parisiens dépenseront "l'équivalent temps" de 4 123 euros/an à cause des bouchons contre 2 883 euros actuellement.

A l'échelle des pays occidentaux les plus développés (Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni et France), les embouteillages coûteront 221 milliards € en 2030 contre 151 mds en 2013. Mais, à ce coût économique, il faut ajouter un coût sanitaire et écologique important puisqu'il est admis que la pollution liée aux transports coûte annuellement aux européens environ 40 mds d'euros en soins diverses, 100 millions de jours de congés et 350 000 décès prématurés. La part des bouchons dans ce coût sanitaire est encore mal renseignée alors même que des indices laissent penser qu'elle pourrait être importante.

Lors d'un embouteillage, la consommation de carburant d'un véhicule est quasiment doublée (+176%). Pour ce qui est des diesels, ils polluent encore davantage au ralenti puisque, leurs filtre à particules pour pouvoir brûler ces dernières, nécessite un régime moteur élevé qui n'est atteint que sur les voies rapides.


Des solutions pour diminuer la pollution des transports


Entre 2013 et 2030, les émissions de CO2 dues au bouchons devraient augmenter de 13 % en France. C'est moins qu’au Royaume-Uni (+ 24 %) mais nettement plus qu’en Allemagne où une hausse de 1% seulement est prévue.

Pour tenter de réguler ces émissions, l'Europe impose notamment des normes de plus en plus drastiques. Ainsi, la norme Euro 6 applicable à toutes les voitures construites à partir de septembre 2014 impose pour la première fois des seuils véritablement restrictifs aux diesels en terme d'émissions d'oxyde d'azote (NOx). Pour les respecter, les nouveaux modèles diesels doivent disposer de dispositifs complexes qui augmentent leur prix.

Ainsi, ce que la France se refuse à faire en taxant le diesel au même prix que l'essence, l'Europe le réalise en contraignant les constructeurs français, gros pourvoyeurs de diesel (70% des voitures vendues en France). Concernant le coût des soins liés à la pollution du diesel, il atteindrait entre 20 et 30 milliards d'euros par an selon un rapport polémique et non-publiée réalisé par le ministère de l'Ecologie.

Si vous ne pouvez pas éviter de prendre votre voiture, pour limiter cette pollution ainsi que votre consommation de carburant lors des embouteillages, il existe quelques règles de bon sens détaillées dans un article de notre confrère ConsoGlobe :
  • Ne pas rester trop longtemps en première : passer la seconde après avoir couvert la distance équivalente à la longueur du véhicule
  • Lors du passage d’un rapport supérieur, ne pas appuyer trop fort sur l’accélérateur
  • Passer le rapport supérieur dès que le compte tour affiche 2500 tr/mn avec un véhicule essence et dès 1500-2000 tr/mn pour un véhicule diesel
  • Bien anticiper les évolutions du trafic pour éviter la conduite saccadée, qui ne fait qu’augmenter la consommation de carburant
  • Éteindre son moteur lors des arrêts de plus de 30 secondes (durée moyenne des feux rouges). Au ralenti, le moteur consommera près d'1 litre/heure.