vendredi 14 novembre 2014

Le Pape somme le 1er ministre australien (et le G20) de préserver l'environnement


"Le résultat d'un consumérisme débridé est l'apparition de menaces contre la nature et cela aura des conséquences sur l'économie". C'est par ses mots forts que le Pape s'est adressé au très libéral premier ministre australien Tony Abbott qui présidera le G20 ce week-end.

L'engagement du pape pour la préservation de l'environnement est bien connu en Amérique du Sud, où il dénonçait l’accaparement des terres et la déforestation incontrôlée lorsqu'il était archevêque en Argentine. Mais l'Europe a véritablement découvert cet aspect de sa personnalité depuis son discours de juiller dernier dans la région de Naples victime de l’enfouissement illégal de déchets toxiques par la mafia.


Une encyclique de l'Eglise pour préserver l'environnement


Cet engagement du pape François pour la préservation de la nature aboutira en 2015 à une encyclique sur le sujet n'est donc pas nouveau. Pourtant c'est la première fois qu'il cible une personne en particulier, et de surcroît un fervent catholique comme l'est Tony Abbott. Il faut dire que le 1er ministre australien est particulièrement détesté des milieux écologistes. Il est en effet le dernier dirigeant d'un pays développé à être ouvertement climato-sceptique.

A peine élu en 2013, il a fait supprimer la taxe carbone, faisant de l'Australie le premier pays a revenir sur une telle mesure environnementale. En janvier 2014, son gouvernement demandait (sans succès) le retrait de la liste du patrimoine mondial de l'humanité de 74 000 hectares de forêt primaire afin de pouvoir les exploiter. Particulièrement actif contre la préservation des plus beaux sites australiens, ce même gouvernement approuvait le rejet de déchets de dragage provenant des travaux d'extension d'un port d'exportation de charbon. Ces rejets auront lieux dans les eaux de la Grande Barrière de corail, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

De mémoire d'écologiste, on n'avait pas vu un tel entrain à sacrifier l'environnement au profit de l'industrie depuis George Bush junior. Récemment interrogé sur la mise à l'ordre du jour de la question climatique lors du sommet du G20, Tony Abbott déclara simplement "Je ne vais pas m'intéresser à ce qui pourrait se passer dans 16 ans."

Cet anti-écologisme primaire n'est sans doute pas la seule raison qui a poussé le pape à adresser sa missive à Tony Abbott et aux dirigeants du G20. Rarement le moment aura été aussi propice à une telle prise de position. En effet, la semaine qui vient de se dérouler à été très positive pour la préservation de l'environnement.

Après l'accord USA/Chine sur la réduction des émissions de CO2 intervenu mercredi, c'est l'OMS qui a édicté des seuils de pollution à ne pas dépasser concernant l'air intérieur de nos foyers.



Différentes prises de positions du pape pour l'environnement


Quelques semaines après son élection, le pape François interpellait déjà les responsables politiques et économiques mondiaux : "Nous sommes gardiens de la Création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l'autre, de l'environnement". Avec le temps, cette question de la protection de la nature est devenue plus précise dans le discours du nouveau pape.

Lors de la journée mondiale de l’environnement du 5 juin 2013 le Pape déclara : "Je voudrais que nous prenions tous l’engagement sérieux de respecter et de garder la Création, d’être attentifs à chaque personne, de combattre la culture du gaspillage et du rebut".

Deux mois plus tard, à l’occasion de l'Angélus du 5 août 2013 il dénonçait le "poison du consumérisme dans notre société basée sur le profit". Il précisait aussi que les " jeunes sont les premières victimes " de cet état de fait.

Lors de l’Angélus du 31 août, le pape François demandait aux institutions, associations et citoyens de " s’engager davantage en faveur de la santé des personnes, en respectant l’environnement et la nature ".

Après ces prises de positions retentissantes, l'encyclique sur la préservation de l'environnement qui est prévue pour 2015 ne pourra pas être à minima. On attend  avec impatience ce texte officiel qui développera la position de l'Eglise sur la préservation de l'environnement.