jeudi 27 novembre 2014

L'électricité est-elle l'avenir de l'automobile ?

BMW i3 en charge sur une borne d'Autolib à Paris

La BMW i3 est la première voiture électrique à être élue voiture verte de l'année par le magazine Green car journal. Cette consécration, fruit de l'investissement de la marque allemande dans la mobilité électrique, est pourtant l'arbre qui cache la forêt car les voitures électriques ne se vendent pas très bien. Beaucoup d'acheteurs potentiels leurs préfèrent les voitures hybrides qui associent moteur thermique et moteur électrique. Afin de mieux comprendre les raisons de ce choix, rien de mieux qu'un large tour d'horizon de l'automobile à électrons. Attention, départ !


Des constructeurs généralistes réticents à investir dans la mobilité électrique


En automobile il y a une règle tacite. Les innovations technologiques apparaissent d'abord sur les modèles les plus luxueux ou les plus sportifs. Si elles sont adoptées par ce public, elles ont toutes les chances de se retrouver un jour dans la voiture de "Monsieur tout-le-monde". Cette primauté aux voitures les plus exclusives a été vrai pour l'airbag, le turbo, les freins à disques, la ceinture de sécurité...

Pourtant il y a une exception à cette règle. Les moteurs électriques, associés ou non à un moteur thermique sont d'abord apparus sur des modèles de moyenne gamme comme la Toyota Prius en 1997. Ils ont ensuite essaimé sur des autos plus chères, jusqu'à équiper récemment la Ferrari la plus puissante jamais produite.

Ce paradoxe confirme bien la réticence passée de nombreux constructeurs automobiles à développer des motorisations électriques ou hybrides. Pour en comprendre les raisons, il faut se mettre une minute à la place des industriels pour lesquels ce type de voiture constitue plus une opération de greenwashing déguisée qu'une évolution souhaitable de l'automobile. Surtout que les "électriques" n'ont de leur point de vu, que des désavantages.


Les garages et les stations-services n'aiment pas l'électrification automobile


En effet, non seulement les voitures hybrides et électriques réduisent les profits des pétroliers, mais elles diminuent aussi la fréquence de vos passages par les garages agrées des constructeurs (moins voire pas de vidange, moins d'usure des pièces mécaniques). Pour couronner le tout, ces véhicules qui contribuent à réduire la pollution de l'air ringardisent leurs concurrentes thermiques qui apparaissent de plus en plus comme appartenant à une époque révolue.

Vidéo de comparaison entre la Tesla model S électrique et l'hybride rechargeable BMW i8 :


Décidément ces maudites voitures vertes ne font rien pour préserver les marges des actionnaires et les bonus des grands patrons. Elles coûtent chères aux constructeurs en raison de volumes de production 100 fois moindre que celui des thermiques, ce qui ne permet pas d'économie d'échelle. Les marques doivent aussi engager des frais importants de communication sur leurs spécificités auprès du public.

Pour l'instant et malgré la croissance des ventes de voitures hybrides et électriques qui augmente chaque année de plus de 50%, le pourcentage d'autos vertes dans le totale annuelle des achats de voitures ne dépasse guère les 3% en France. Les causes de ce résultat moyen sont à chercher du côté de leur prix à l'achat, plus important que celui d'une thermique (+3000 euros environ). La deuxième raison est due à une autonomie d'environ 150 km pour les voitures tout-électriques. Pourtant un constructeur prouve que cette endurance n'est pas rédhibitoire puisque les luxueuses Tesla S électriques dépassent allègrement les 400 km entre deux charges. De plus, pour la majorité des automobilistes cette autonomie est un faux problème.


Les français parcourent moins de 30 km/jour avec leur voiture


En une seule charge, les voitures électriques répondent largement aux besoins de déplacement des français qui parcourent en moyenne moins de 30 km/ jour avec leur voiture. De plus les bornes de recharge sont de plus en plus nombreuses et permettent de recharger non seulement les électriques mais aussi les "hybrides rechargeables" lorsque c'est nécessaire.

Différentes générations de l'hybride Toyota Prius

On vient de le voir les français parcourent moins de 30 km chaque jour. Dans ce cas, le meilleur achat qu'ils puissent réaliser est d'acquérir une voitures électrique. Toutefois s'ils parcourent fréquemment plus de 150 km, le choix de raison sera celui de l'hybride rechargeable. Plusieurs constructeurs tels que Volkswagen, Volvo, Toyota, Mercedes proposent des modèles qui se différencient des hybrides classiques sur deux points: ils peuvent être rechargés sur une prise de courant là où les hybrides classiques sont uniquement rechargés par le mouvement d'une dynamo lors des phases de freinage.

Et les hybrides rechargeables disposent souvent d'un pack de batteries plus important. Ce dernier leur permet de repousser d'autant le recours au moteur thermique voire de parcourir jusqu'à 50 kilomètres avec une seule charge d'électricité pour moins de 1 euro. Pour couronner le tout, leur moteur électrique est suffisamment puissant pour être utilisable sur voie rapide. Ce n'est pas le cas du bloc des hybrides classiques qui passe systématiquement le relais au moteur thermique dès que le rythme s'accélère.


Comparatif voitures vertes : 

Voiture électrique
  • Points faibles: Autonomie d'environ 150 km 
  • Points forts : Aucune pollution à l'échappement, électricité 10 fois moins cher que le diesel par km, moins chère à l'achat que les hybrides

Voiture hybride rechargeable

  • Points faibles: Prix d'achat plus élevé qu'une hybride classique
  • Points forts : Parcourt 50 km en mode électrique, utilise plus son moteur électrique qu'une hybride classique donc pollue moins

Voiture hybride (classique)
  • Points faibles: Parcourt environ 5 km en mode électrique
  • Points forts : Prix plus attractif que l’hybride classique