jeudi 14 août 2014

Le point sur le recyclage des déchets


Le recyclage, c'est compliqué. Poubelle jaune, verte, grise ou blanche, le choix est vaste et varie selon la commune où l'on se trouve. Il change aussi selon la composition des déchets dont l'on souhaite se débarrasser. Car certains ne sont (toujours) pas recyclés.

Il existe par exemple plus d’une vingtaine de plastiques différents dont 90% sont créés à partir de pétrole. Or, seulement deux sortes de plastique sont recyclés en France. Il s’agit du PET (Polyéthylène Téréphtalate) qui englobe la majorité des bouteilles transparentes et du PEHD (Polyéthylène Haute Densité) qui représente une partie des emballages plastiques opaques. Au final seul 20% des plastiques seront recyclés en France.

Pourquoi la France recycle peu par rapport aux autres pays européens ?


Un rapport de l'Ademe qui analysait les niveaux de recyclage dans six pays européens confirmait d'ailleurs la place peu enviable de notre pays : "l’Allemagne, la Suède et l’Autriche atteignent en 2006 des taux de recyclage très élevés. L’Italie et les Pays-Bas ont des performances moins élevées. Enfin la France et le Danemark présentent des résultats moindres"

La raison principale est dû au mode de financement des ordures ménagères. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères est un impôt local qui n’a rien à voir avec la quantité de déchets produits. Qu’on trie, qu’on recycle ou qu’on jette à tout va, notre comportement n’aura aucun impact sur notre facture. La taxe dépend uniquement de la surface cadastrale du logement ! Ce n'est pas le cas dans les pays qui nous devancent en matière de recyclage.

Un autre frein à l'augmentation du pourcentage de déchets recyclés en France vient du fait que certains politiciens considèrent que le recyclage doit forcément rapporter plus que ce qu'il ne coûte. Ce n'est pas toujours le cas dans les autres pays européens. Souvent prise en exemple quant on parle de recyclage, l'Allemagne investissait à perte en 2006 sur le recyclage du métal. C'était aussi le cas de pays à l'économie moins florissante que la nôtre tels que la Belgique, l'Italie ou les Pays-Bas, toujours selon ce rapport de l'Ademe.



Vers des emballages moins volumineux pour réduire les déchets


L'objectif de réduire de 7% la quantité de déchets produite entre 2010 et 2015 était pourtant bien inscrit dans la loi Grenelle 2. Depuis, de coûteuses campagnes de communication incitant la population à réduire ses déchets ont été abondamment diffusées. Sans grand résultat puisque les citoyens n'ont que très peu de prise sur la quantité de déchets qui finissent dans leur poubelle. Acheter sa viande à l'étal du boucher plutôt qu'en barquette et privilégier les berlingots de recharges pour le gel douche ou pour la lessive sont finalement de bien maigres marges de manœuvre.

Les industriels qui devraient être en première ligne sur cette question des emballages n'ont quant-à-eux jamais été ni contraints, ni incités à produire des contenants qui soient plus facilement recyclables. Pourtant, en bout de chaîne, c'est bien le contribuable qui paye la facture pour la prise en charge des ordures ménagères.

Faut-il restaurer "la consigne" des bouteilles pour limiter les déchets ?


Alors que nos grand-parents privilégiaient le système de "la consigne" pour les bouteilles de lait, de sodas ou d'alcool, ce mot nous est presque devenu étranger (mis à part aux restaurateurs qui consignent 40% des bouteilles qu'ils vendent). La faute de ce désintérêt n'en incombe pas uniquement au faible coût de recyclage du verre. L'Etat choisi en 1992 d'opter pour une contribution de toutes les entreprises utilisant du plastique à la société Eco-emballages (voir plus bas) plutôt que de favoriser celles qui choisissaient de consigner.

Pourtant non seulement cela permet de réduire le plastique dont on sait qu'ils contiennent des perturbateurs endocriniens, mais les produits consignés rentrent dans la case "recyclage" et nous permettraient d'améliorer nos quotas d'emballages recyclés vis à vis de Bruxelles. Ainsi la consigne est rendue obligatoire pour certains types de boissons aux Pays-Bas, au Danemark et en Suède dans ce cas, seules les bouteilles faisant partie d'un système de consigne peuvent être vendues alors qu'en Allemagne et en Autriche, le client à la possibilité de choisir et au final la consigne lui coûte souvent moins chère.

Mais d'autres idées existent pour réduire nos déchets. On peut citer l'initiative des créateurs de l'épicerie La Recharge à Bordeaux. Tous les produits en rayon sont vendus sans emballage (des kits de contenants réutilisables peuvent être achetés par les clients). Une idée qui mérite d'être plus largement diffusée puisqu'elle favorise aussi les circuits courts :






En France, le logo "Point vert" apposé sur un emballage ne signifie pas qu'il soit constitué de matière recyclée ni même qu'il soit recyclable (c'est l’apanage des trois flèches qui forment un triangle).

Ce Point vert signifie simplement que l'entreprise adhère au dispositif de valorisation des emballages en payant une contribution à la société Éco-Emballages. Cette contribution obligatoire sert à financer l'organisation du tri sélectif dans les communes mais a aussi indirectement sonné le glas de la consigne puisqu'elle n'aide pas à son financement.






Sources externes:
Cniid
Que Choisir
Actu Environnement
Les Echos
Eurostat
La recharge
Wikipédia (Point vert)
ConsoGlobe (labels)
Ademe
Bastamag (déchet Paris)