jeudi 3 juillet 2014

Pourquoi le nombre d'allergiques explose ?



Allergies aux pollens, à l'arachide, aux poils de chat, au lactose, au gluten, aux oeufs et même au soleil. Environ 30% de la population mondiale présenterait une ou plusieurs allergies contre 3,8% en 1968.

Une allergie est avérée lorsque notre corps considère comme toxique un élément qui n'est pas censé l'être. Les allergies sont pourtant nombreuses et variées. Plus ou moins sévères, leurs symptômes lors de la mise en contact avec l'allergène vont d'une incommodité passagère comme c'est le cas pour le fameux rhume des foins... à une mort foudroyante. Car un allergène est un élément auquel notre organisme réagit en produisant des toxines plus ou moins dangereuses pour notre organisme.

Le plus risqué est le choc allergique ou anaphylactique, qui se traduit par des démangeaisons et des rougeurs, un gonflement du visage et des lèvres, une détresse respiratoire en rapport avec un oedème laryngé. Le seul traitement efficace est alors l'administration d'adrénaline.

Il est à noter qu'on peut soit être allergiques à la naissance, soit développer une allergie à telle ou telle substance au cours de notre vie. De plus, de nombreux allergiques légers peuvent s'ignorer toute leur vie.

Carte anamorphique du 2 juillet 2014 du risque allergique

Les causes majeures de l'explosion du nombre d'allergies 


Trop d'hygiène fragilise nos défenses immunitaires :

Une des hypothèses les plus consensuelle de la recrudescence des allergies dans les pays développés est celle d'une évolution trop rapide de la notion d'hygiène depuis la découverte des bactéries au 19ème siècle. Cette thèse du trop aseptisé qui affaiblit nos défenses immunitaires est partagée par de nombreux allergologues.

Les études montrent qu'il y a plus d'allergiques dans les pays riches où l'importance de l'hygiène est régulièrement mise en avant par les publicitaires, les agences sanitaires et par les scientifiques. Pourtant, cette simple constatation n'est évidemment pas suffisante pour conclure d'un "lien de cause à effet". C'est la raison pour laquelle d'autres facteurs externes tels que le stress ou la pollution de l'air sont évoqués dans l'apparition d'allergies.


La pollution extérieure affaiblit notre organisme :

Si les particules fines et le dioxyde d'azote majoritairement issu de la pollution automobile ne déclenchent pas directement d'allergies chez les sujets exposés, ils sont connus pour augmenter la "charge allergique" des pollens. C'est-à-dire leur effet chez les personnes déjà sensibles à une allergie. Un autre facteur plus anecdotique d'augmentation des allergies aux pollens, est celui de la hausse régulière depuis le 19ème siècle des rejets de CO2 dans l'air, qui provoquent une croissance plus rapide des plantes qui l'absorbent pour se développer.

Au niveau des polluants qui peuvent se retrouver dans l'eau, les pesticides auraient également une place de choix dans le développement des allergies. Ils modifieraient notre microflore interne en supprimant nos "bonnes bactéries". C'est également le cas des antibiotiques dont des traces infimes se retrouvent de plus en plus souvent dans l'eau que nous buvons selon les biologistes spécialistes du traitement de l'eau.



Les épisodes de stress et les allergies : 

Une étude commencée en 1992 a été menée en Angleterre durant une dizaine d'années sur un éventuel lien entre stress chez la mère enceinte et apparition d'asthme chez l'enfant. En permettant aux mères d'évaluer leur niveau de stress, les scientifiques ont conclu à une légère corrélation (de 13 à 17%) entre le niveau de stress ressenti durant la grossesse et le risque d'avoir un enfant allergique.

Le Dr Pham-Thi allergologue et pneumopédiatre à l'hôpital Necker à Paris évoquait en avril 2013 des situations où "le stress aigu a pu jouer un rôle important chez l'enfant, lié par exemple à un divorce ou à un décès". Le Dr Pham-Thi qui s'est également penché sur le cas d'étudiants français en période d'examen évoque alors un cercle vicieux : "L'allergie va à son tour aggraver l'état de stress chronique et les deux pathologies vont s'entretenir mutuellement".

Heureusement, selon une précédente étude japonaise, des activités relaxantes menées pendant 30 minutes/jour comme écouter de la musique classique, rire ou s'embrasser ont réussi à modifier le comportement des cellules immunitaires de patients allergiques et ont contribué à réduire les réactions allergiques des volontaires.


Comprendre ce qui se passe lors d'une réaction allergique, voici une vidéo de C' pas sorcier (à 04:30) :



Sources externes :
Santé médecine.net 
Doctissimo, Doctissimo 
La Dépêche
Médisite