dimanche 27 avril 2014

Est-ce une bonne nouvelle que les nappes phréatiques soient pleines ?




Les nappes phréatiques françaises présentent des niveaux très satisfaisants pour la quasi totalité du territoire. Près de 90 % des réservoirs affichent des niveaux égaux voir supérieurs à la normale selon une étude du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) chargée de leur surveillance.

Ces nappes ont en effet bénéficié d’une fin d’automne et d’un hiver aux pluies importantes, avec des précipitations excédentaires de plus de 25 % sur une grande partie du pays. Traditionnellement la période de recharge des nappes s’étend de septembre à avril, semestre durant lequel la végétation est en sommeil (avec une évapotranspiration faible) et les précipitations sont abondantes.


Le "grenier de la France" est au-dessus d'une immense nappe phréatique 


La bonne nouvelle à ce niveau de remplissage élevé des nappes phréatiques, c'est qu'il va être possible de puiser dans plusieurs réservoirs en attendant les pluies de l'automne. C'est particulièrement le cas de la Bretagne, de la Côte d’Azur et de l'Isère qui ont bénéficié de 50% de précipitations supplémentaires cette année

En France, toujours selon le BRGM, 64% de l'eau potable utilisée provient des nappes phréatiques. Les nappes s'étendent parfois sur des zones immenses. C'est le cas de la plus vaste nappe de France, celle de la région de la Beauce aussi appelée "Le grenier de la France" qui s'étend sur près de 9 000 km² et six départements. Elle contiendrait environ 20 milliards de m3 d'eau.


Des inondations provoquées par la saturation des nappes phréatiques


Cette situation optimale en prévision de l'été qui s'annonce est semblable à celle de l’an dernier. Elle est donc potentiellement préoccupante, car les nappes phréatiques sont censées absorber les surplus de précipitations ponctuels. Le fait que leur niveau soit élevé augmente de fait le risque d’inondation dans certaines zones inondables. On se souvient entre autres des dégâts provoqués par celles qui se sont produit dans le sud-ouest en juin de l'année dernière.

Une inondation peut avoir diverses origines et survenir lorsque se produit une élévation exceptionnelle du niveau de la nappe phréatique la plus proche du sol notamment lors de violents orages. Le sol ne peut alors plus absorber le surplus de précipitation. Selon la topographie des lieux, des territoires plus ou moins étendus peuvent être concernés, et parfois sur plusieurs semaines jusqu'à ce que l'eau soit évacuée par un cours d'eau ou progressivement absorbée par les nappes phréatiques.

Le BRGM estime à 100 milliards de m3 le volume d'eau contenu dans notre sous-sol. Un volume certes conséquent, mais dont 34 milliards de m3 sont utilisés chaque année.

Durant les très bonnes périodes comme c'est actuellement le cas, les volumes soutirés représentent entre 1 et 10% de la quantité d'eau contenue dans les nappes. Mais elle peut parfois dépasser les 50% sur certains bassins durant les étés très secs. Dans ces cas, les nappes peuvent avoir besoins de plusieurs années pour retrouver leur niveau d'avant la canicule.





Sources :