vendredi 21 mars 2014

Troubles hormonaux et perturbateurs endocriniens



Les perturbateurs endocriniens sont partout. Une part importante des dentifrices, gels douche, baumes à lèvre, canettes de soda, boîtes de conserve... que nous utilisons en contiennent. On se souvient pourtant qu'ils avaient été interdit par l'Assemblée nationale en 2011, mais c'était sans compter sur le Sénat qui refusa la proposition de loi.

Depuis, rien n'est fait et ce malgré la multiplication des études scientifiques prouvant les dangers des perturbateurs endocriniens. La dernière en date est celle de l'InVS, qui révélait, que le taux de couple n'ayant pu concevoir après un an sans contraception est passé de 14 % en 1991 à 24 % en 2012. Un quasi doublement de ce pourcentage.

Les perturbateurs endocriniens sont ainsi nommées, car ils modifient le fonctionnement de notre système hormonal et celui de notre descendance. Ils sont identifiés en trois grandes catégories:

  • les parabènes
  • les phtalates
  • Le bisphénol A (interdit dans les biberons depuis 2011)

Selon les scientifiques, les perturbateurs endocriniens pourraient être responsables de troubles hormonaux. Notamment du développement des organes génitaux masculins du fœtus, de malformations génitales du petit garçon, d'altérations de la qualité du sperme ou de l'augmentation du nombre de cancer du testicule et de la prostate.



Actions des perturbateurs endocriniens sur l'Homme (Source OMS)

Des troubles hormonaux qui n'épargnent pas les femmes


Les hommes dont les organes génitaux sont plus faciles à étudier ne sont pourtant pas les seuls concernés par les effets des perturbateurs endocriniens. Les femmes aussi sont touchées puisquà cause des PE, l'âge moyen de la puberté et de la ménopause sont devenu plus précoce et que leur fertilité a baissé. Enfin, ils y auraient un lien entre surpoids et perturbateurs endocriniens, lesquels agissent sur les hormones que produit notre corps.

Les perturbateurs endocriniens et leurs effets sont connus par les scientifiques depuis des années, mais très mal par le public car aucune information n'est pour le moment obligatoire sur les emballages et que les pouvoirs publics évitent ce sujet sensible. Pourtant on les retrouve dans quasiment toutes les matières plastiques, dans des produits de consommation courants, mais aussi dans l'eau et même sous forme de poussière dans l'air que nous respirons.

A titre d'exemple ils sont utilisés dans certains tickets de caisse (bisphénol), dans des contenants alimentaires, dans les revêtements de sol, les médicaments, les plastiques et produits cosmétiques...

Les perturbateurs endocriniens très utilisés en agriculture


Rien d'étonnant à ce que les scientifiques retrouvent leurs traces dans les cours d'eau et dans les nappes phréatiques et ce,  d'autant plus qu'ils sont également utilisés par notre agriculture, première consommatrice de pesticides en Europe et 2ème au monde. C'est le cas dans de nombreux insecticides organochlorés (persistance de plusieurs siècles), des fongicides ou des herbicides.

De plus en l'état actuel de la législation, rien n'oblige les fabricants à spécifier que telle ou telle substance est un perturbateur endocrinien et encore moins à en réduire le dosage. Selon de nombreuses associations de l'environnement, ce vide juridique serait dû aux puissants lobby agro-alimentaires et phytosanitaire qui agissent à Bruxelles pour freiner l'adoption de restrictions.

Quelques sources d'émissions des perturbateurs endocriniens (OMS)

L'interdiction des perturbateurs endocriniens reportée pour raison économique


Une résolution sur les "critères scientifiques retenus pour définir les perturbateurs endocriniens" devait être prise fin 2013, mais le commissaire à l'environnement, Janez Potocnik, a indiqué que la Commission entendait d'abord mener une évaluation de l'impact économique de cette mesure.

Surprenant quand on sait que le Parlement européen a adopté une résolution concernant la "protection de la santé publique contre les perturbateurs endocriniens" le 14 mars 2013. Le seul pays européen à s'être élevé contre cette décision où le coût économique, le dispute au coût sanitaire est la Suède. Par la voix de sa ministre de l'environnement, le pays a menacé de poursuivre la Commission en justice si des explications ne lui étaient pas fournies sous deux mois à compter du 26 février 2014, date à laquelle une lettre d'avertissement à été envoyée à la Commission.



Sources:
Actu Environnement
Le Figaro
Organisation mondial de la santé
Institut national du cancer
Institut national de veille sanitaire