mercredi 5 mars 2014

Les immeubles verts à l'assaut des villes


Imaginez que vous marchiez sur un trottoir de la ville de Milan en Italie. Vous évoluez au milieu des nombreux passants, à proximité de la circulation automobile et des façades grisâtres.

Soudain votre regard est capté au loin par la vue d'un ensemble vert qui n'a pourtant rien à voir avec un parc. Il s'agit plutôt d'un... immeuble dont les balcons sont chargés d'arbustes et de plantes en tout genre à tel point qu'on dirait une succession de jardins suspendus. Sans le savoir, vous venez de découvrir ce que sera très certainement la ville du futur. En l’occurrence l'une des deux tours "Bosco Verticale" (forêt verticale) qui seront inaugurées à Milan avant la fin de l'année.

Un immeuble green pour un coût acceptable



Le projet auquel les ouvriers mettent la touche finale en installant 5 000 arbustes et une bonne dizaine de milliers de plantes en tout genre est bien plus qu'un immeuble aux balcons verdit.

C'est pour beaucoup la démonstration qu'il est possible d'améliorer le confort de vie des habitants d'un immeuble par une installation relativement simple. Car plus que les passants, ce sont les habitants de ces immeubles qui profiteront des avantages apportée par cette végétation. A commencer par un surcroît d'intimité, une sensation d'être hors de la ville, une fraîcheur supplémentaire en été...

Le feuillage lorsqu'il sera assez dense pourra même accentuer l'isolation phonique des bruits venant de l'extérieur. Que demandez de plus ?
Que ce type de solution se retrouve sur des immeubles aux tarifs plus conventionnels, car ceux des appartements de Bosco Verticale commencent à 650.000 euros pour atteindre les 2 M d'euros. Pourtant l'architecte de l'ensemble Stéphano Boeri assure que le prix de l'installation ne représente que 3% du coût total soit un peu moins de 20.000 euros pour la mansarde à 650 000 euros.

La première piste pour construire ce type d'immeuble vert à un coût plus faible est de construire des bâtiments plus petits. En effet, monter des arbres, l'un après l'autre à l'aide d'une grue, au 20 ème étage (à environ 100 m de haut) coûte très cher. De même les contraintes de résistance de l'installation aux vents sont plus drastiques à plus d'une centaine de mètres, pour la tour la plus haute de Bosco Verticale qui atteint 112 m.



Hier mûrs végétalisés, aujourd'hui immeubles vert


Qui n'a jamais été émerveillé de découvrir en pleine ville le balcon d'un appartement recouvert d'arbustes et de plantes verdoyantes ou le mur d'un immeuble recouvert de plantes ?



C'est la dernière mode chez les architectes. Les immeubles recouverts de végétaux se développent à vitesse grand V dans les villes. La plupart du temps il s'agit de façades végétalisées comme celle que l'on peut voir sur l'un des murs du Musée du quai Branly à Paris, mais de véritables petits arbres prennent parfois place sur les balcons des particuliers.

Et même une agriculture urbaine


Lula Farm au Québec

Sur d'autres immeubles, ce sont des jardins potagers qui envahissent les toits comme pour le précurseur du genre, Lula Farm à Montréal. Cette forme d'agriculture urbaine qui peut également prendre place aux pieds des immeubles, remplie de nombreuses fonctions selon la géographe Sandrine Glatron, spécialiste du sujet récemment citée dans Le journal du Cnrs :

"Si les collectivités publiques [...] s’y intéressent de plus en plus, c’est pour tous ces services de sociabilité, de solidarité, de lien au vivant, de lutte contre l’obésité, d’éducation environnementale, de sauvegarde de la biodiversité, ou encore de gestion des déchets".

La liste est donc longue des bienfaits apportés par ces espaces végétalisés lorsque le projet tient la route, car ils peuvent aussi être source de nuisances lorsque l'isolation a été mal faite et que les végétaux apporte un surplus d'humidité à l'intérieur des logements. Cela peut aussi être difficile à vivre pour certains citadins qui pensent pouvoir bénéficier des avantages de la nature sans ses petits désagréments intrinsèques. Ce peu être le cas lorsque leur balcon est squatté par de petits insectes... heureusement toujours inoffensifs sous nos latitudes (voir article de Rue 89).


Sources: Le Journal du CnrsFrance 2, Rue 89