lundi 17 mars 2014

L'influence des voitures diesels sur la pollution de l'air


Les spécialistes de santé publique et les associations écologistes le disent de plus en plus fort. Selon eux, il faut en finir avec l'avantage fiscal du diesel à la pompe. Cela permettrait un rééquilibrage salutaire de la balance commerciale en faveur des essences car actuellement, moins de 25% des voitures neuves vendues en France sont des essences. Mais où se trouve le problème a vendre plus de diesel que d'essence ?

En fait, les polluants émis par les voitures fonctionnant au sans plomb sont beaucoup moins nocifs pour notre santé que ceux des diesels, considérés par l'OMS comme "cancérigène certains" depuis juin 2012. Pourtant l'avantage fiscal en faveur du diesel (1,31 contre 1,50 euros/litre) lui permet de constituer l'essentiel des ventes. De plus, ceux qui choisissent une motorisation diesel roulent bien davantage que ceux optant pour une essence. A tel point que l'avantage fiscal du diesel coûte sept milliards d'euros/an aux contribuables.

Malgré ces évidences, rien n'indique qu'Hollande aura le courage politique de revenir sur ce cadeau fiscal accordé par Giscard en 1980. Car harmoniser le prix des deux carburants est devenu très impopulaire puisque 70% du parc automobile français roule désormais au gazole. A titre d'indication, en Angleterre et en Allemagne il y a "seulement" 50% de voitures diesels.

Les ravages sanitaires de la préférence nationale pour le diesel 


Ce pourcentage national très important de véhicules diesel ne poserait pas de problème si les diesels n'émettaient pas 90% des particules fines présentent dans l'air (de Paris) selon une étude d'Airparif, l'association régionale de contrôle de la qualité de l'air. Quelques années plus tôt, une autre étude européenne évoquait 42.000 morts prématurés causés par le diesel chaque année dans notre pays.

Or le nombre de citadin augmentant, le problème des émissions de polluants du diesel concerne de plus en plus de monde. Il influe sur la santé et sur l'activité des habitants et des travailleurs de nombreuses agglomérations françaises. Mais aussi sur les professionnels de la route (taxis, chauffeurs routiers, policiers affectés à la circulation...).

Le coût économique très important du diesel


Quand au coût des soins liés à la pollution du diesel, il atteindrait entre 20 et 30 milliards d'euros par an selon un rapport non-publiée du ministère de l'Environnement.

En outre, dans l'hypothèse d'une augmentation du prix du diesel, la hausse de la consommation d'essence qui en résulterait rendrait inutile l'importation actuellement indispensable de gazole de pays étranger.

Ces débouchés nouveaux permettrait aussi d'utiliser les excédents d'essence issus du raffinage de pétrole brut et d'éviter de les exporter au prix d'une logistique forcément coûteuse. Car on ne le sait que trop peu mais le raffinage du pétrole brut permet d'obtenir du diesel, mais aussi de l'essence dont on ne sait que faire. Pour toutes ces raisons, l'harmonisation des prix des deux carburants est également... demandée par l'Union française des industries pétrolière sur son site internet.

CPDP (Comité des professionnels du pétrole)


Donc pour récapituler :

  • La fumée des moteurs diesel est plus cancérigène que celle des moteurs essence
  • Le diesel est moins taxé (20 centimes) que l'essence
  • En France 7 voitures sur 10 sont des diesels
  • Les possesseurs de diesels roulent plus que les autres
  • La surconsommation nationale de diesel oblige à en importer
  • La surproduction nationale d'essence oblige à en exporter pour un coût important


La circulation alternée une mesure inefficace contre la pollution de l'air


Le gouvernement vient d'opter pour la circulation alternée a Paris. Pourtant non seulement rien n'est fait dans des villes bien plus polluées telle que Marseille ou Nice, mais en plus cette mesure cosmétique concerne aussi les voitures fonctionnant à l'essence. Il est donc possible de rouler avec sa vieille voiture diesel très polluante à condition que l'on dispose du bon numéro de plaque.

De plus, cette alternance jour pair/impair qui n'a été décidé par l'Etat que deux fois seulement (en 1997 et aujourd'hui) ne règle pas le problème de fonds des émissions de particules fines en évitant de s'attaquer aux causes. Pour finir, la circulation alternée défavorise ceux ne possédant qu'un seul véhicule.

Les mesures souvent plébiscitées par les spécialistes de la pollution de l'air, notamment les Zones d'action prioritaire pour l'air (Zapa) ou "Low Emission Zone" qui fleurissent en Europe et l'écotaxe poids-lourd ne sont même plus évoquées par le gouvernement depuis qu'il les a respectivement enterré au début et à la fin de l'année dernière. Devant l'absence de mesure efficace, ce nouveau pic de pollution subit par les deux tiers des français, pourrait aussi faire des ravages dans les urnes à l'approche des municipales en fin de semaine.


Sources: Ufip, Actu Environnement, U.E, Airparif, L'internaute, Carbéo