mardi 18 février 2014

Le boom des centrales solaires à concentration

Gemasolar en Andalousie

Le photovoltaïque a le vent en poupe. De nombreux pays bénéficiant d'un ensoleillement très important comme ceux du Sahel, mais aussi plus faible comme l'Allemagne ou le Japon investissent beaucoup dans le secteur. Pourtant, si l'énergie du soleil est gratuite, son principal point faible est qu'elle n'est pas disponible la nuit et que les solutions de stockage présentent un coût élevé.

Si ce dernier point ne permet pas d'utiliser l'électricité solaire pendant la nuit et lors des pics de consommation électrique autour de 08h00 et de 20h00, en revanche, cette ressource est providentielle en journée. Or, c'est là que les besoins quotidiens en énergie sont les plus importants. Ainsi les producteurs d'électricité espèrent pouvoir diminuer sensiblement leur consommation d'énergie fossile grâce au solaire.

Ivanpah en Californie occupe la surface de 1200 terrains de football et compte Google parmi ses investisseurs

Les centrales solaires à concentration poussent comme des champignons


"Ivanpah", la plus grande centrale solaire du monde vient d'être inaugurée en Californie. Elle occupe une surface de 8.8 km2 soit l'équivalent de 1200 terrains de football. C'est trois fois plus que "Shams", mise en service il y a un an aux Emirats Arabe Unis, et quatre fois plus que l'espagnole "Gemasolar", inaugurée en 2011 et qui s'étale sur moins de 2 km2.

Mis à part leur taille colossale, le point commun entre ces trois installations, c'est que ce sont toutes des centrales solaires à concentration, aussi appelée solaire thermique. Leur particularité réside dans le fait qu'elles n'ont pas de panneaux solaires qui captent les rayons du soleil pour les transformer en électricité. Elles fonctionnent sur un tout autre principe.

Dans les centrales solaires à concentration, des milliers de miroirs mobiles renvoient la lumière solaire qu'ils reçoivent vers une énorme cuve remplie d'un liquide composé de sels fondues, lequel atteint des températures supérieurs à 500° C. Puis, comme dans une centrale classique (nucléaire, à pétrole, à gaz ou à charbon), le fluide primaire transfère sa chaleur à un circuit d’eau secondaire, qui monte alors en pression. Cette surpression permet de faire tourner une turbine qui produit de l'électricité.



Les centrales solaires à concentration fonctionnent même la nuit



Une des trois cuves d'Ivanpah
Le gros avantage du système c'est qu'il peut produire de l'électricité la nuit tant que le liquide contenu dans la cuve est suffisamment chaud. C'est le cas une bonne partie de la nuit pour les centrales de dernière génération. Il n'est donc pas nécessaire de stocker l'électricité produite dans de coûteuses batteries. Est-ce à dire que les centrales solaires à concentration sont la solution idéale ?

Oui pour certaines régions sèches et ensoleillées comme c'est le cas du sud de l'Europe ou de certains pays d'Afrique. Mais les centrales solaires à panneaux restent mieux adaptées aux climats tempérés ou pluvieux. Les deux types d'installations sont donc complémentaires plutôt que réellement concurrentes.

La moitié de la production d'électricité du Kenya sera bientôt solaire


Le Kenya vient de lancer la construction de neufs centrales solaires qui couvriront rien de moins que la moitié des besoins du pays en électricité à l'horizon 2016. Pour rappel en France, on plafonne à 1% d'électricité solaire quand l'Allemagne revendique près de 10%.

Au Kenya, les deux types de centrales solaires (photovoltaïque et à concentration) seront construites afin d'assurer une régularité dans l'approvisionnement du pays. Mais ce n'est pas tout, car avec le développement de la plus grande ferme à éolienne de l'Afrique sub-saharienne dans la région du Lac Turkana, le Kenya pourrait devenir l'un des leaders mondiaux dans la production d'électricité verte.



A savoir: 
Avec une croissance annuelle qui atteint 5%, le Kenya est l'un des moteurs du continent africain. Ses besoins en électricité suivent logiquement cette inflation, si bien que sa production électrique qui provient essentiellement (60%) de barrages hydroélectriques, est de plus en plus insuffisante et subit les aléas de la sécheresse. Encore un bon point pour les centrales solaires à concentration.


Sources: The GuardianGizmagWikipédiaJournal de l'environnementChronique du temps