lundi 13 janvier 2014

Le réchauffement climatique et la vague de froid américaine


"Cette théorie à la con du réchauffement climatique nous coûte chère et doit cesser. Notre planète se gèle, on a des records de froid..." C'est par cette phrase digne du café du commerce que le milliardaire américain Warren Buffet a commenté sur son compte Twitter la vague de froid qui s'est abattue sur les Etats-Unis en ce début d'année.

Probablement un peu éméché, il aurait été bien inspiré de s'abstenir ou de se renseigner plutôt que d'insulter la communauté scientifique. Les chercheurs du GIEC viennent en effet de réitérer dans un document anticipant leur prochain rapport officiel que "le réchauffement climatique est à 95% le résultat des activités humaines".

Faut-il le rappeler, le fait que la Terre subisse un réchauffement climatique depuis les années 70 ne signifie pas que les vagues de froid appartiennent au passé. Au contraire, elles vont devenir plus extrêmes car l'équilibre climatique global est de plus en plus compromis.

Concrètement, la vague de froid aux Etats-Unis a été provoqué parce qu'une masse d'air froid qui stagne habituellement autour du Pole nord est descendu bien plus bas, jusqu'à atteindre l'Amérique du nord. C'est d'ailleurs ce même vortex qui avait provoqué une vague de froid sur l'Europe fin février-début mars 2013.

Le lien entre réchauffement et déplacement de masse d'air est simple : la différence de température entre deux masses d'air entraîne leur déplacement sachant que l'air chaud monte quand il entre en contact avec de l'air plus froid. Hors, le réchauffement climatique modifie ce fragile équilibre à l'échelle du globe et entraîne des phénomènes climatiques de plus en plus extrêmes. Alors que les Etats-Unis connaissaient des températures qui flirtaient avec les -40°, au même moment en Australie, la température dépassait allègrement les +45°dans certains points chauds.

Faut-il rappeler à Warren Buffet que les Etats-Unis ont connu l'année la plus chaude de leur histoire en 2012 et que la température la plus élevée enregistrée sur Terre pour un mois de juin (54 °C), l'a été en 2013 dans le désert de la Vallée de la Mort. En réfléchissant comme le milliardaire, on pourrait en conclure que ces températures intenses confirment le réchauffement climatique. Mais nous nous garderons bien de faire ce genre de raccourci trop facile qui, s'ils ne s'appuient pas sur un consensus scientifique n'ont aucun intérêt.

La cause du froid extrême de début janvier n'est pourtant pas si compliquée à comprendre comme nous l'explique très simplement ce conseiller scientifique de la Maison Blanche dans la vidéo ci-dessous:



Les américains pas aussi climato-sceptiques que Warren Buffet


Les américains ne sont pas aussi climato-sceptiques que Warren Buffett. Les sondages les plus récents révèlent qu'une majorité d'entre-eux (57%) pensent que le réchauffement global est effectivement dû à l'Homme. C'est aussi le cas pour 61% des Français selon deux études parues début 2013.

Les 57% d'américains "non-climato-sceptiques" ont d'autant plus de mérite que leur pays produit et consomme beaucoup de gaz et de pétrole et que de très riches lobbys agissent en toute opacité outre-Atlantique afin d'influencer l'opinion publique.

En effet, si en France, les scientifiques climato-sceptiques sont très minoritaires, ce n'est pas le cas aux Etats-Unis où ils disposent de média de masse prêt à relayer la moindre pseudo-étude arguant que le réchauffement global ne serait pas lié aux activités anthropiques.


Sources: Terra Eco, Le Monde, Wikipédia, Environnement Durable