vendredi 20 décembre 2013

Paris veut bannir les bus diesels

Bus de ville Proterra électrique rechargeable lors des arrêts

Si Paris peut se targuer d'être la ville française offrant le plus de solutions de mobilité zéro-émission à ses usagés, un secteur échappe à cette règle, celui des bus urbains. Ces derniers sont encore à 95% des bus fonctionnant au diesel alors même que la ville s'attend à devoir régler une forte amende à l'Europe pour plusieurs pics de pollution récents. Mais le premier pas vers des bus plus verts à Paris vient d'être réalisé.

Il aura fallu que la société Be Green lance sa propre ligne de bus électrique dans le 15ème arrondissement de Paris pour que le Syndicat des transports d'Île-de-France se décide à faire pression sur la RATP pour qu'elle s'équipe de bus plus verts.

En effet, le STIF qui gère les réseaux de bus et de métro de la capitale vient d'annoncer qu'à partir du 1er janvier prochain, les exploitants "ne pourront plus signer de marché d'acquisition de matériel roulant exclusivement au diesel". La RATP qui est le seul exploitant des réseaux bus, tramway et métro de Paris, excepté Be Green qui n'exploite qu'une seule ligne de bus, doit maintenant faire le tri entre plusieurs choix techniques pour ses futurs bus green. Mais la décision du STIF est-elle suffisamment contraignante pour les objectifs annoncés ?

Un objectif irréaliste de 50% de particules fines en moins pour les bus RATP


Pour plusieurs observateurs, cette opération de communication ressemble beaucoup à du greenwashing puisque sur des contrats qui portent parfois sur des centaines d'unités, il suffira que la RATP acquière un seul minibus fonctionnant au gaz naturel, à l'électricité ou avec deux sources d'énergie (hybride). Autant dire qu'à ce rythme l'objectif du STIF de réduire les émissions de particules fines de son parc de bus de "50% d’ici à 2016" n'a aucune chance d'être atteint. Mais était-il envisageable d'imposer à la RATP un pourcentage minimum de bus non-diesel pour chaque nouveau marché signé ? Les bus verts ne coûtent-il pas trop chers à l'achat ?

Comme pour les voitures vertes, les bus green qu'ils soient hybrides, au gaz ou électriques coûtent quasiment deux fois plus cher que leur équivalent diesel. La ville de Dijon, la plus en pointe sur le sujet en France a signé en 2011 un contrat de 88 millions d'euros pour la fourniture de 102 bus hybride. Cela correspond à un coût de 863.000 euros par bus. Le double de leur équivalent diesel.

Les bus hybrides, ni économiques, ni écologiques


De plus, à l'image des voitures hybrides, ces bus hybrides ne sont pas si écologique qu'on ne le pense puisque, s'ils fonctionnent avec un moteur électrique qui tourne grâce à l'énergie récupérée lors des nombreux freinages sur le trajet d'un bus, ils s'appuient surtout sur un moteur... diesel.

Le problème se pose aussi avec les voitures hybrides qui, mis à part l'Opel Ampera, ne consomment pas tellement moins de carburant que les voitures classiques et ne rejettent pas tellement moins de polluants non plus. Les bus hybrides mais aussi ceux fonctionnant au gaz sont donc presque aussi coûteux et polluants que leurs homologues diesels.

Des bus électriques adaptés aux trajets urbains


L'autre solution pour avoir des villes plus vertes serait de parier sur les bus électriques puisque la principale faiblesse des véhicules 100% électriques, leur autonomie réduite, est facilement contournable. En effet, l'installation de bornes de recharge rapide et automatique au-dessus d'une dizaine d'arrêts pour chaque ligne de bus urbain permettrait à ces derniers de rouler toute une journée sans émettre de polluants.

Le système a non seulement le mérite d'exister depuis longtemps, mais aussi d'offrir des bus dépourvus de batteries volumineuses et donc coûteuses. Ainsi les Sunwin fabriqués par Volvo et par le chinois SAIC battent tous les records en termes de prix puisqu'ils débutent à moins de 300.000 euros en remplaçant tout simplement leur batterie par des super-condensateurs. Ces accumulateurs leurs permettent de rouler six kilomètres jusqu'au prochain arrêt où un bras automatique vient connecter le bus au réseau, le temps que les passagers montent et descendent du bus.

Bus électrique Sunwin se rechargeant à un arrêt :




Pour aller plus loin sur le bus électrique :
http://www.themavision.fr/jcms/rw_263895/les-bus-electriques-une-solution-davenir