mercredi 4 décembre 2013

Le point sur le problème des déchets spatiaux


A des milliers de kilomètres de la Terre, des astronautes s'affairent à réparer un télescope. Tout à coup, la Nasa leur annonce qu'ils doivent se mettre à l'abri le plus vite possible. Quelques secondes plus tard, leur vaisseau spatial sera entièrement détruit par un déferlement de déchets spatiaux lancés à plus de 40.000 km/h. Les deux protagonistes du film Gravity d'Alfonso Cuaron se retrouvent alors seuls dans l'immensité de l'espace.

Si la cause de cette vague de débris spatiaux a de quoi faire sourire le spectateur (les Russes ont envoyé un missile pour détruire un satellite qui menaçait de retomber sur la Terre), elle n'a rien de surprenante. C'est effectivement la méthode la plus employée par les agences spatiales, quelle soit américaine, chinoise ou russe pour éviter la chute non maîtrisée d'un satellite sur la Terre. En effet, lorsque l'orbite de ce dernier ne peut plus être modifiée à cause d'une panne de son système de commande ou de propulsion, ils perdent invariablement de l'altitude jusqu'à chuter dans l'atmosphère. Ceci est particulièrement vrai pour ceux qui sont en orbite basse autour de 800 km de la terre. 

Un gramme d'acier devient une boule de pétanque lancée à mach 1


Pour éviter que les engins spatiaux ne menacent la terre, il est décidé grâce à un tir de missile de les réduire en une myriades de petits débris qui brûleront lors de leur entrée dans l'atmosphère. Or une partie de ces débris ne retombent pas vers la Terre et voient au contraire leur vitesse augmentée jusqu'à atteindre des milliers de kilomètres à l'heure. Car dans l'espace, en l'absence d'atmosphère pour les ralentir, les objets d'un gramme peuvent accumuler la même énergie qu'une masse d'un kilogramme qui serait projeté à la vitesse du son. 

Ce résultat surprenant est dû au fait que l'énergie dégagée lors d'un choc est proportionnelle au carré de la vitesse de l'objet au moment de l'impact. Une écaille de peinture perdue par un vaisseau spatial en orbite pourrait par exemple traverser les panneaux solaires d'un satellite de part en part s'ils se trouvaient sur son chemin. On n'ose imaginer les dégâts que causeraient un objet plus grand sur un engin spatial dont le coût se compte en milliards d'euros d'investissement. 

La majorité des débris spatiaux resteront dans l'espace


De plus, il est impossible de compter sur la destruction naturelle des déchets spatiaux dû à leur chute dans l'atmosphère pour assainir l'espace car, selon la NASA, les dizaines de missions spatiales annuelles génèrent plus de déchets que l'atmosphère terrestre n'en élimine.

De plus cette destruction "atmosphérique" ne concerne que les débris situés en orbite basse autour de la Terre. Pour les autres, il ne faut pas espérer qu'ils se désintègrent sans aide puisqu'ils ne se rapprochent pas forcément de la Terre, mais peuvent au contraire s'en éloigner.

Le problème qui se pose dès aujourd'hui est simple, mais requière une réponse rapide : Comment limiter la quantité de ces déchets spatiaux ? Et là, les agences spatiales n'ont toujours pas trouvé la solution miracle !


Pour approfondir : http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-les-debris-spatiaux-18372.php