samedi 7 décembre 2013

La très green Californie autorise la fracturation hydraulique


La nouvelle a surpris beaucoup de monde aux Etats-Unis. La Californie qui se vante de ses éoliennes à foison, de ses nombreuses associations écologistes et de ses stars de cinéma engagées pour la protection des animaux vient d'autoriser le "Fracking oil". Autrement dit, la fracturation hydraulique pour puiser des hydrocarbures dans les sols de l'Etat. 

Le Parlement de Californie a voté le mois dernier la première d'une série d'étapes qui aboutiront à la possibilité pour les industriels de recourir à la fracturation hydraulique à l'horizon 2015.

Le plus étonnant, n'est pas que cette décision hautement politique ait été portée par les parlementaires démocrates contre le vote de la majorité des républicains. Non, le plus étonnant c'est que ce soit l'Etat californien qui apparaît comme très en avance dans le développement des énergies renouvelables, et un précurseur de la conscience verte qui ait pris ce virage radical. 

La Californie est en effet l'une des régions les plus dynamiques en matière de protection de l'environnement. On ne compte plus les grands projets "green" qui font la fierté des californiens, de San Diego au sud, jusqu'à Sacramento au nord en passant par les campus technologiques de la Silicon Valley, la conscience écologique y est partout.     

La Californie signe le protocole de Kyoto contrairement aux Etats-Unis


En 2006, le Parlement de Californie a d'ailleurs signé un accord pour diminuer la production de gaz à effet de serre de l'Etat, le mettant en conformité avec le protocole de Kyoto. C'est d'ailleurs le seul Etat américain qui décidera d'une telle implication alors qu'on se souvient que George W. Bush avait refusé de ratifier le protocole en 2001 et qu'Obama est resté sur cette position. 

La Californie est, avec l'Alaska, l'Etat le plus vert des Etats-Unis si l'on prend en compte le nombre de parc nationaux qu'il abrite. Huit exactement dont Yosemite et Redwood, tous deux classés sur la liste du patrimoine mondiale de l'humanité, entres autres pour leur séquoias géants. 

Un autre exemple montre l'investissement des collectivités locales dans l'écologie. A peine arrivée à l’aéroport de San Francisco, les touristes sont tout de suite mis au diapason puisque, s'ils choisissent d'opter pour un taxi hybride, la municipalité, subventionnera leur trajet jusqu'à concurrence de 11 euros. C'est d'ailleurs dans cette ville que Greenpeace, l'une des premières associations ayant pour but la protection de la nature à l'échelle du globe sera créée dans les années 70. 

La Californie est sans doute l'une des régions qui met le plus en avant ses actions de protection l'environnement à tel point que l'on oublierait volontiers qu'il s'agit aussi du deuxième état... producteur de pétrole aux Etats-Unis, juste derrière le Texas. Les intérêts économiques ont probablement pesé lourd dans la balance. 

C'est donc l'image de la Californie "green"qui s'effrite davantage avec cette décision du Parlement de l'Etat d'autoriser la fracturation hydraulique à l'horizon 2015. D'ici là, les partisans d'un moratoire, ne désarment pas et se mobilisent pour peser sur la rédaction des futures procédures d'encadrement de la fracturation hydraulique. 

Champs d'éolienne à Altmont Pass CA. Steve Boland