samedi 10 août 2013

Les OGM augmentent fortement la consommation d'herbicide


Une étude parue aux États-Unis révèle que la vente d'herbicides a augmenté de 26 % entre 2001 et 2010. Sur certaines cultures majoritairement OGM telles que le soja ou le maïs, les quantités d'intrants chimiques ont même été multipliées par dix.

C'est l’association Food and Water Watch qui a recueilli ces données auprès du Département de l’agriculture et de l’Agence pour la protection de l’environnement (NPA) américaine.

L'enquête menée par FWW est d'envergure puisqu'elle concerne tous les états américains. Elle montre que cette forte augmentation des quantités de pesticidessans corrélation avec une évolution de la superficie cultivée serait liée à l'apparition de plantes résistantes aux herbicides. Ces dernières seraient apparues suite à des croisements (prétendument impossible) avec des plantes OGM génétiquement modifiées afin de résister aux herbicides.


En l'an 2000 aucune variété de mauvaise herbe ne résistait au puissant glyphosate présent notamment dans l'herbicide Round Up du semencier Monsanto. Quatre ans plus tard, pas moins de huit états américains déclaraient des cas significatifs de résistance. En 2010 ce chiffre concernait déjà 16 états.


Un constituant de l'agent orange dans les cultures


Dans un premier temps, les fermiers, pour maintenir leur profit qui diminuait à cause des mauvaises herbes ont augmenté les quantités et la fréquence des traitements chimiques.

Cela a fonctionné pendant quelques temps, mais les mauvaises herbes ont réapparu, plus tenaces qu'avant. Les fermiers ont alors utilisé d'autres herbicides. Ce fût le grand retour du 2,4-D, un constituant de l'agent orangeutilisé durant la guerre du Vietnam et qui n'était plus guère utilisé.

Selon FWW, son usage a augmenté de « 90 % entre 2000 et 2012 » aux États-Unis alors que plusieurs pays l'ont interdit en raison d'un risque de cancer, de troubles du système reproductif et d'atteintes neurologiques.


Aujourd'hui aux États-Unis, les semences génétiquement modifiées représentent 93 % du soja, 88 % du coton et 86 % du maïs cultivés. Mais de nombreuses voix s'élèvent pour un retour à une agriculture plus conventionnelle au grand dam des semenciers, généralement aussi fournisseurs d'intrants chimiques. A qui profite le crime ?

Evolution des bénéfices générés par les semences OGM aux Etats-Unis (en milliards de dollars)