samedi 20 juillet 2013

L'exploitation du gaz de schiste cause des tremblements de terre


Un séisme d'une magnitude égale à 5.7, a été ressenti sur une distance de 1.000 kilomètres, en 2011 près de la ville de Prague, en Oklahoma. Il a fait deux blessés, abîmé une route et détruit quatorze maisons. C'est pour l'instant le séisme le plus important provoqué par l’activité industrielle autour du gaz de schiste mais c'est loin d'être le seul.

Plus de 300 séismes d'une magnitude supérieur à 3 se sont produits entre début 2010 et fin 2012, alors que la moyenne était de 21 par an entre 1967 et 2000. "Cette recrudescence concerne surtout le centre et l’est des États-Unis, des régions où les forages d'extraction des gaz de schiste sont les très nombreux" a écrit William Ellsworth, de l’United States geological survey (USGS), organisme de recherche en géologie, dans un article publié dans la très sérieuse revue Science du 12 juillet dernier.

Plaques de schiste

Selon un autre article publié peu avant dans la même revue« La moitié au moins des tremblements de terre de magnitude 4.5 ou plus qui ont frappé l’intérieur des États-Unis au cours de la dernière décennie » pourraient avoir été induits par l’injection profonde d’eaux usées.


La géophysicienne Katie Keranen de l'université d’Oklahoma a publié une étude détaillée sur le tremblement de terre de Prague. Il s’est déclenché à proximité de deux puits d’injection d’eaux usées, liés à l’exploitation pétrolière, dans une région historiquement calme du point de vue sismique. 


Pour les scientifiques la fracturation hydraulique n'est pas directement en cause. Ce serait plutôt l'injection en profondeur de l'eau souillée issue de la fracturation hydraulique. Car après être remontée à la surface mélangée au gaz de schiste, l'eau contenant des agents chimiques préalablement injectée sous pression pour casser la roche, est tout simplement renvoyée sous terre. 



Au Canada, dans la province de Colombie-Britannique, 21 tremblements de terre de magnitude supérieur à 3 se sont produits en 2009 dans le bassin de la rivière Horn. Une enquête menée à l'époque avait conclu que ces séismes étaient dus à l’injection des fluides issus de la fracturation hydraulique à proximité de failles sismique pré-existantes.

Au Royaume-Uni, une série de petits séismes (la magnitude maximum était 2,3) avait été enregistrée en avril et mai 2012, pendant des opérations de fracturation destinées à exploiter un réservoir de gaz de schiste. L’événement avait entraîné la suspension temporaire de la fracturation hydraulique au Royaume-Uni.

En dehors de ces exemples, la fracturation hydraulique n’est pas directement responsable d’une sismicité notable puisque la magnitude des secousses qu'elle produit est généralement inférieur à 1. Les tremblements de terre sont surtout causés par l’injection d'importante quantité de fluides en profondeur au niveau de failles sismiques. L'eau mélangée aux additifs fragiliserait ainsi le sol en modifiant ses propriétés physique. 

Source: Médiapart 20 juillet