mardi 12 juin 2018

L'interdiction des néonicotinoïdes ne concerne pas les traitements des animaux



Une fois n'est pas coutume, la société civile a remporté une victoire décisive. Malgré l'opposition officielle du précédent gouvernement et de l'actuel ministre de l'agriculture, les insecticides néonicotinoïdes seront finalement interdits le 1er septembre prochain. Ce bannissement est inscrit dans la "Loi biodiversité" votée par l'Assemblée nationale en juillet 2016. Un aboutissement heureux à deux décennies de mobilisation des scientifiques, des ONG et de politiciens avisés, qui est également une première mondiale.

Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, le gouvernement a récemment annoncé que les néonicotinoïdes "cachés" seront également interdits en septembre prochain. Ces insecticides tel le sulfoxaflor dont la composition moléculaire est suffisamment proche des néonicotinoïdes pour être reconnus comme tels n'avaient pourtant pas été classés dans ce groupe par leurs fabricants. Étrangement ce sont toujours ces derniers qui décident de la "famille" à laquelle appartient leur produits. Le risque étant que certains produits puissent ainsi éviter une interdiction générale. Se fût donc peine perdue en ce qui concerne la France, où la société civile s'est véritablement appropriée le sujet. Mais cette stratégie a fonctionné au niveau européen puisque seuls les trois néonicotinoïdes les plus utilisés seront finalement proscrits dans les autres pays du continent. 

Ce qui est sûr, c'est que l'interdiction française arrive à propos puisqu'une énième étude scientifique vient de démontrer l'impact de l'intoxication des oiseaux par les molécules néonicotinoïdes contenues dans les insectes qu'ils consomment. Pour mieux comprendre se qui distingue ces produits, des autres insecticides, il faut savoir qu'ils ont la spécificité de pouvoir être absorbés par la plante et de circuler à travers sa sève dans les différentes parties de cette dernière (racine, feuille, pollen, nectar...). Cette particularité leur confère une efficacité redoutable.

Ainsi, les insectes qui se risquent à consommer la plante traitée subissent une intoxication qui peut mener à une paralysie de leur système nerveux central entraînant une mort inévitable. D'une très forte toxicité - jusqu'à 8.000 fois celle du tristement célèbre DDT - les néonicotinoïdes sont également très persistants. Ils peuvent mettre plusieurs années à se dégrader dans le sol ou dans l'eau. La demi-vie de l'imidaclopride - durée nécessaire à la diminution de sa toxicité de moitié - peut atteindre 1230 jours, soit plus de trois ans.



Les néonicotinoïdes pourront continuer à être utilisés sur les animaux


Pourtant, malgré l'évidence et les bonnes intentions, l'interdiction prochaine n'aura pas tout-à-fait l'ampleur attendue sur la biodiversité. En effet, aussi ambigu que cela puisse paraître, les néonicotinoïdes continueront à être utilisés en toute légalité pour traiter les animaux d'élevages, mais aussi les animaux domestiques. En effet, l'amendement de la Loi biodiversité définitivement votée en juillet 2016 par l'Assemblée nationale est explicite :

"L'utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant une ou des substances actives de la famille des néonicotinoïdes et de semences traitées avec ces produits est interdite à compter du 1er septembre 2018."
Or quand on a quelques notions de droit et que l'on connait un peu le secteur agricole, cette phrase ne manque pas d'attirer l’œil. Elle évoque: "l'utilisation de produits PHYTOpharmaceutique". C'est-à-dire, de pesticide destinés à protéger les plantes - dans le jargon de l'agrochimie - car "phyto" signifie "végétal" en grec ancien. Et comme en droit, le diable se cache bien souvent dans les détails, cela signifie que l'utilisation de ces substances pour traiter... les animaux, n'est pas concernée par l'interdiction.

Car des pesticides néonicotinoïdes reconnus - ou des insecticides disposant d'une composition moléculaire proche - sont utilisés par les éleveurs pour traiter leurs installations comme se fut le cas dans le scandale des œufs contaminés au fipronil et à l'amitraze. Ainsi des "néonics" tels que le thiaméthoxam et l’acétamipride sont usité pour éradiquer tiques et autres parasites dans les dizaines de milliers d'élevages français. Or les études scientifiques indépendantes documentent abondamment les ravages que leur toxicité extrême fait peser sur les insectes non ciblés et sur la chaîne alimentaire.


En effet, les différentes molécules appartenant au groupe des néonicotinoïdes sont solubles dans l'eau. Elles peuvent donc être consommées par des animaux s'abreuvant dans une flaque d'eau située à proximité d'un élevage. Mais ce n'est pas tout puisque ces pesticides sont également utilisés par les désinsectiseurs professionnels en raison de leurs caractéristiques systémiques qui fait qu'un insecte touché contamine ses congénères par simple contact. Les désinsectiseurs s'en servent souvent pour éradiquer une termitière, une fourmilière ou une colonie de blattes.

Enfin, les particuliers ne sont pas en reste, eux qui utilisent des colliers anti-puces pour animaux de compagnie ou des gouttes à mettre derrière la tête de son chat ou de son chien pour un effet choc qui dure plusieurs mois. Or ces produits sont souvent composés d'imidaclopride, l'un des néonicotinoïdes les plus courants. L'un de ceux que l'on retrouve le plus fréquemment dans... les cheveux des enfants.


Michaux Jérémi



(Photos : droits réservés)

mercredi 30 mai 2018

Pesticides : Où en est le procès du chlordécone ?



Bientôt douze ans que la Justice française étudie les plaintes des victimes exigeant le procès des responsables de la contamination des Antilles au chlordécone. Une contamination persistante qui, selon les scientifique, pourrait durer jusqu'à 700 ans. Sans la tenue d'un procès hautement symbolique, le problème des responsabilités dans cette affaire d'Etat restera posé. Et ce, avec toutes les conséquences que cela implique sur la société antillaise et ce bien après le décès... des protagonistes scientifiques, étatiques et locaux.

En effet, les victimes, déjà nombreuses, ne manqueront pas en Guadeloupe et en Martinique dans les siècles à venir. Ainsi à l'image du "procès de l'amiante", les responsabilités doivent être établi pour les victimes qui ont porté plainte dès 2006. Car malgré l'opacité du dossier, il apparaît par exemple dans un rapport publié en 2010 que la Commission d'étude de l'emploi des toxiques en agriculture aurait finalement autorisé le pesticide en 1976 alors même qu'elle avait bloqué sa mise sur le marché en 1968 et en 1969. Cette commission qui comprenait des "producteurs de pesticides et des représentants agricoles" l'aurait fait grâce à "deux membres influents" qu'il appartient à la justice d'identifier.

Le ministère de l'agriculture n'est pas en reste, lui qui, sous la pressions de plusieurs planteurs et dirigeants agricoles locaux, a autorisé leur utilisation dans les bananeraies jusqu'en 1993. Dans le cadre d'une véritable démocratie, ils devraient être à même d'assumer leur responsabilité dans cette affaire. Car l'interdiction du pesticide par les États-Unis dès... 1976 aurait dû les alerter et les inciter à refuser les premières dérogations de 1982, suite à l'interdiction française d'utiliser le pesticide sur toutes les autres cultures hormis les bananeraies.



La Justice veut-elle éviter un "procès chlordécone" ?


Tel un serpent de mer aux conséquences troubles sur le climat social aux Antilles, le scandale chlordécone est récemment remonté à la surface à la faveur d'un couac européano-gouvernemental, qui autorisait une augmentation des taux maximum de ce pesticide dans la viande. A la suite de l'émoi suscité au sein de l'opinion publique par cette décision, la Justice annonçait en février la reprise de l'instruction afin d'identifier les responsables de la contamination. Quatre mois plus tard, l'émotion retombant, les avocats des parties civiles sont de nouveau sans nouvelle de la juge Brigitte Jolivet, magistrate au pôle santé du Tribunal de Grande Instance de Paris:

Est-ce à dire qu'elle n'a pas réussi à identifier des responsables ? Peu probable puisque plusieurs d'entres-eux sont pourtant clairement confondus par des rapports publics et par des investigations journalistiques autour du sujet. En attendant que la Justice fasse preuve de courage dans cette instruction hautement sensible, les antillais exigent toujours la tenue d'un procès. Et cette revendication sera portée tant qu'il y aura des victimes. La catharsis collective, préalable à l'apaisement d'un climat social explosif autour de la question ne saurait attendre.


Michaux Jérémi


Illustrations : droits réservés

lundi 7 mai 2018

Les nombreux renoncements d'Hulot dans le gouvernement Macron




La communication du ministère de l'écologie et de la solidarité ne recense pas les nombreux renoncements d'Hulot. Je me suis donc attelé à cette tâche, en faisant le choix de ne pas m'intéresser aux (petites) avancées obtenue par Hulot, ni aux demies-victoires telles que l'interdiction des forages en France. Ce dossier symbolique, concerne moins de 1% de la consommation nationale et ne s'applique ni aux anciens permis d'exploration ou d'exploitation, ni à l'extraction des gaz contenus dans les veines de charbon (source). Ainsi, malgré sa popularité et son expertise des dossiers, Hulot ne fait pas mieux que ses prédécesseurs.

  • 1) Hulot accepte de participer à un gouvernement dont le président est un ancien financier, le premier ministre a été responsable de la communication d'Areva et la ministre de la santé a travaillé directement pour des laboratoires pharmaceutiques. En terme de conflits d'intérêt, on a vu mieux.

  • 2) Soutien de Hulot à la validation des critères à minima d'identification des perturbateurs endocriniens par l'U.E. Juillet 2017

  • 3) Application "provisoire" du traité de commerce trans-Atlantique CETA. Septembre 2017

  • 4) Demande secrète du gouvernement français, à la Commission U.E de supprimer l'objectif d'atteindre 50% d'énergie renouvelable en 2025. Hulot n'aurait pas été mis au courant par ses collègues. La page du site d'Europe 1 qui avait publié l'article n'est désormais plus en ligne mais reste accessible dans les serveurs de Google. Octobre 2017 

  • 5) Autorisation du "néonicotinoïde caché" sulfoxaflor par l'Anses. Demande du ministre face au tollé, d'études complémentaires (un grand classique qui n'interrompt pas la procédure). Cet insecticide sera finalement interdit en février 2018. Octobre 2017

  • 6) Macron confirme lors d'un voyage en Guyane le projet minier "Montagne d'or". Hulot se déclare "pas favorable", aveux de son impuissance sur ce dossier emblématique. Oct 2017

  • 7) Hulot annonce le report de l'objectif de réduire à 50% la part de l'électricité nucléaire en 2025. Cette décision avait pourtant été votée en 2012. Nov 2017

  • 8) Hulot renonce à interdire la chasse à courre faisant fi du sondage explosif qui révélait que 84% des français étaient opposés à cette pratique. Décembre 2017

  • 9) La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique révèle qu'Hulot possède 5 voitures thermiques et trois maisons, dont celle de Corse qui s’avére sous-estimée dans sa déclaration de patrimoine. Décembre 2017

  • 10) En dépit de son succès phénoménal (+90%), c'est la fin de la très populaire prime universelle de 200 euros pour l'achat d'un vélo à assistance électrique (VAE). Janvier 2018

  • 11) L'une des mesures emblématiques du Plan climat porté par Hulot à l'été 2017 prend du plomb dans l'aile lorsque la France enjoint - heureusement sans succès - les eurodéputés à ne pas voter l'interdiction de l'huile de palme. Le même mois, la ministre... des Armées promet à l'Indonésie un lobbying français en vue d'empêcher ce processus législatif d'interdiction au niveau européen. Janvier 2018

  • 12) Hulot annonce dans un communiqué que l’État délivrera l’autorisation environnementale au "grand contournement ouest" de Strasbourg, une rocade payante de 24 km réalisée par Vinci. Ceci alors que les conclusions de l’enquête publique spécifique à la conduite des travaux n'a pas eu lieu. Janvier 2018

  • 13) Le magazine l'Ebdo publie une information sur Hulot concernant une plainte pour viol (volontairement déposée par la victime après la prescription des faits) et une autre pour agression sexuelle. Cynique, il attaque le magazine pour diffamation alors que l'affaire était déjà sortie dans la presse il y a quelques années. Février 2018

  • 14) Le ministre de l'écologie et de l'énergie reste mutique face à l'évacuation violente (et illégale) d'opposants au projet de décharge nucléaire de Bure dans la Meuse en plein hiver. Février 2018

  • 15) Dans le JDD, juste après les sifflets reçus par Macron au salon de l'agriculture, Hulot déclare, concernant la promesse d'interdire le glyphosate, qu'il pourrait y avoir des exceptions "dans un secteur particulier ou une zone géographique".  Février 2018.

  • 16) Le ministre en charge de l'énergie souhaite discrètement renégocier à la baisse les tarifs d'achat de l'électricité qui sera produite par six projets de parcs éolien offshore. Mars 2018

  • 17) Ni la réduction de la consommation électrique ni la sortie du nucléaire ne sont au programme)  du "document de travail" de la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Mars 2018

  • 18) Hulot confie la présidence d'une mission de conseil sur la transition écologique au président de l'équipementier automobile Michelin. Mars 2018

  • 19) Le "Plan pesticides" dévoilé par le gouvernement ne reprend pas la promesse de Macron, d'interdire le glyphosate en trois ans. Comme souvent pour "noyer le poisson dans l'eau", de nouvelles études sont promises et viendront s'ajouter à celles démontrant la toxicité du pesticides classé cancérogène probable par l'OMS en... 2015. Avril 2018

  • 20) Malgré la violence dont son gouvernement fait preuve à Notre-Dame-des-Landes, Hulot déclare calmement en parlant des zadistes qui ont d'autres projets que de devenir agriculteur : "ils doivent dégager". Le ministre de l'écologie est donc bien opposé à l'installation d'une communauté de vie à NDDL. Avril 2018

  • 21) Alors que la Justice a annulé en mars la création de la zone d'aménagement devant accueillir le méga centre commercial et de loisir Europacity, l'Etat vient de faire appel de cette décision. Ceci alors que la consultation publique et l'Agence francilienne de la biodiversité ont rendu des avis défavorables à ce projet qui artificialiserait 280 hectares de terres agricoles, dans une région qui produit peu par rapport à sa population. Mai 2018

Mai 2018 : la Loi EGA (Etats généraux de l'alimentation) à minima proposée par le gouvernement est encore appauvrie par les députés de la majorité En Marche et par les Républicains. De nombreux amendements innovants proposés ont reçu l'opposition officielle du gouvernement.
  • 22) Loi EGA : Lors de ce premier vote des députés, le gouvernement s'oppose à l'amendement de l'opposition demandant d'autoriser la cession ou la vente des semences paysannes non-inscrites au "catalogue officiel". 
  • 23) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à la création d'un fonds d'indemnisation des victimes des pesticides.
  • 24) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à un registre public sur la nature et la quantité des pesticides utilisés par les agriculteurs. 
  • 25) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à la possibilité pour les ministre de la santé ou de l'écologie, d'interdire un pesticide en lui refusant une autorisation de mise sur le marché. 
  • 26) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à un amendement de Delphine Batho sur les fameux fongicides SDHi sur lesquels de nombreux chercheurs ont récemment lancé une alerte. 
  • 27) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à l'introduction de repas végétariens en remplacement de quelques repas carnés dans les cantines scolaires.
  • 28) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à l'amendement demandant la fin du broyage des poussins mâles et l'interdiction de castrer à vif les porcelets. 
  • 29) Loi EGA : Le gouvernement s'oppose à l'installation de caméras de surveillance dans les zones sensibles des abattoirs malgré les très graves erreurs de mise à mort révélés grâce à des caméras cachés par des membres de l'association L214.
  • 30) Loi EGA : Avant le vote de la loi, le gouvernement a retiré l'amendement qu'il proposait sur une distance minimum sans traitement autour des habitations et des écoles. 
  • 31) Loi EGA : Ré-autorisation - une décennie après l'interdiction - du recours aux aéronefs pour pulvériser des pesticides
  • 32) Loi EGA : les députés de la majorité En Marche refusent l'instauration obligatoire du logo nutritionnel simplifié Nutriscore sur les produits transformés. 






Liste en cours...


Michaux Jérémi

mercredi 25 avril 2018

Les pays riches délaissent les énergies renouvelables

Source : ONU Environnement, Bloomberg

L'an dernier, en terme de capacité de production, le monde a financé bien davantage de nouvelles installations produisant de l'énergie solaire... que de projets utilisant une ressource fossile. Pourtant, plusieurs pays/régions développés continuent à réduire leurs investissements dans les renouvelables. Ces enseignements qui permettront notamment d'orienter au mieux les aides internationales dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, sont tirés d'un rapport paru jeudi 5 avril et réalisé par le cabinet Bloomberg pour l'ONU. 

En analysant les chiffres recueillis, on se rends compte que plusieurs "pays développés" ont fortement réduit leurs investissements dans les énergies renouvelables en 2017 :

  • Royaume-Uni, -65% (investissement de 7,6 milliards $)
  • Israël, -61% (investissement de 0,4 mds $)
  • Europe, -36% (investissement de 41 mds $)
  • Japon, -28%  (investissement de 13 mds $)
  • France, -14% (investissement de 2,6 mds $)
  • États-Unis, -6% (investissement de 40,5 mds $)

Selon le rapport, cette situation ubuesque s'explique principalement par une baisse du coût des ressources fossiles et par une diminution des subventions étatiques aux énergies renouvelables. Ces états riches sont pourtant toujours considérés comme les plus gros contributeurs au réchauffement climatique à cause de leur empreinte carbone par habitant. Il faut dire que cet indicateur considéré comme l'un des plus exhaustifs, intègre notamment les émissions de gaz à effet de serre nécessaires à la fabrication et au transport des produits d'importation. 

En 2017, le ministère de l'Ecologie alertait dans un rapport qui a fait couler beaucoup d'encre sur le fait que malgré les efforts réalisés, l'empreinte carbone de la France avait augmenté de 13% entre 1995 et 2016. Ainsi, notre empreinte carbone équivaut à 690 millions de tonnes équivalent CO2 ; soit près de 11 tonnes par habitant (40  tonnes pour un qatari mais 0,08 pour un malien).


Graphique réalisé par le ministère de l'Ecologie - source OCDE

Ainsi malgré la réduction des émissions permises par les énergies "vertes"à peine 15% de l'électricité consommée et moins de 20% de celle produite en France est issue d'une ressource renouvelable. Sans l'apport des barrages hydrauliques - menacés de privatisation - ce taux tombe même à 7%, ce qui fait de notre pays, l'un des plus mauvais élève du continent. Au niveau national, toujours selon le rapport de l'ONU, la seule bonne nouvelle de 2017 vient des investissements dans les "petites installations" solaires qui ont augmenté de 40% pour atteindre 520 millions de dollars. 

Dans le même temps, subventions aidants, la Chine a été de loin le pays qui a le plus investi en 2017 dans les énergies renouvelables, avec un chiffre record de 127 milliards de dollars, en hausse de 31%. Mais sur l'année écoulée, les évolutions les plus spectaculaires ont été celles du Mexique (+810%), de l'Australie (+147%)  et de la Suède (+127%)

L'énergie solaire plus forte que l'énergie fossile 


Tous pays confondus, un record de 157 gigawatts de nouvelles installations productrices d'électricité renouvelable ont été inaugurées en 2017. C'est davantage que les 143 GW livrés en 2016 et assez loin des 70 "nouveaux" GW d'énergies fossiles. Avec pas moins de 98 GW ajoutés en 2017, les installations solaires comptent pour 38% de l'ensemble des nouvelles installations de production d'électricité. Ainsi, le monde a ajouté plus de capacité de production solaire que l'ensemble des nouvelles installations fonctionnant au charbon, au gaz et à l'uranium.

Ces excellents résultats contrastent toutefois avec la faible part dans le mix électrique mondiale (12%) de l'électricité produite par l'éolien, le solaire, la biomasse, les déchets (incinération, biogaz), la géothermie, les énergies marines et... les petits barrages hydrauliques (la production des grands barrages n'étant pas comptabilisés dans le rapport). Entre 2010 et 2017, cette part a augmenté d'environ un point par an. A ce rythme, il faudrait... 88 ans pour atteindre 100 % d'énergie renouvelable. 

On part donc de très loin, mais ces différentes sources d'énergiesplus ou moins vertes, permettent d'éviter l'émission annuelle de 1,8 gigatonnes de dioxyde de carbone (CO2)ce qui équivaut à peu près aux émissions produites par le secteur des transports aux États-Unis. Pas sûr que cela suffise à diminuer l'empreinte carbone d'une population mondiale en croissance, mais c'est l'une des pistes privilégiées par nos dirigeants pour ralentir son explosion.

mardi 3 avril 2018

Les climato-sceptiques sont majoritairement de droite




En France, le dernier climato-sceptique médiatique est Philippe Verdier, ex-responsable du service météo de France Télévision, devenu animateur à Sud radio. On se souvient qu'il avait été licencié suite au tollé provoqué par la publication d'un livre polémique, à quelques semaines de la COP21. Le "monsieur météo" utilisait alors le terme "supercherie" en évoquant l'origine humaine du réchauffement climatique. Une responsabilité pourtant approuvée par plus de 95% des climatologues et documentée par les cinq rapports du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat).

Mais alors, qu'est-ce qui - en dehors d'intérêts personnels plus ou moins avouables - peut pousser des personnes instruites à adopter une idéologie contredite par un si large consensus scientifique ? Une étude sociologique a été réalisée en 2015 aux États-Unis pour tenter de mieux comprendre le climato-scepticisme. Selon Dan Kahan, professeur à Yale, qui l'a conduite, la principale caractéristique des climato-sceptiques tient à leur biais culturel. Le terme désigne le processus inconscient qui pousse une personne à refuser les thèses qui contredisent "sa vision de ce que devrait être la société". Dans l'étude, les deux groupes qui s'opposent selon ce principe sont ceux qui se revendiquent de droite plutôt opposés à l'interventionnisme de l'État, et ceux de gauche qui considèrent au contraire que le rôle de l'État est d'organiser le fonctionnement de la société.

Or selon l'étude, 22% seulement des américains de droite considèrent que l'homme est responsable changement climatique contre 75% pour ceux de gauche. Le libéralisme n'est certainement pas la seule cause du climato-scepticisme. Mais étant très présent dans la culture américaine mondialisée, il pourrait freiner la prise en compte des problèmes globaux comme le dérèglement climatique ou l'effondrement de la biodiversité.

Causes du réchauffement climatique (bleu pour la gauche et rouge pour la droite) - Dan Kahan, 2014



Michaux Jérémi


Houston après le passage de l'ouragan Harvey en 2017-  Thomas B. Shea



samedi 31 mars 2018

Les rêves de colonisation spatiale freinent la transition écologique



En affirmant récemment que son projet de construire une base de vie sur Mars pourrait assurer rien de moins que « la survie du genre humain », le milliardaire Elon Musk qui a popularisé les voitures électriques Tesla, s'est transformé en marchand de rêve. Se faisant, il contribue à générer de faux-espoirs chez tous ceux qui ne demandent qu'à le croire. Ainsi, l'effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique, qui nous imposent un peu plus de sobriété, n'existent plus. Comme durant les "30 glorieuses" on peut de nouveau consommer sans entrave afin de relancer la croissance. Après avoir épuisé les ressources et dégradé les conditions de vie sur Terre, il suffirait d'acheter un billet pour Mars à sa compagnie privée Space X. 

Mais l'utopie de Musk ne serait rien, si le grand-public - à qui elle est destinée - était suffisamment critique pour comprendre qu'elle se base sur plusieurs mensonges. Des mensonges qui diffusent l'idée que nous pourrions vivre plus de quelques mois en autarcie sur une autre planète. Une planète dont les conditions physico-chimiques qui règnent à sa surface et sa distance par rapport au soleil ne permettent pas la présence d'eau liquide. C'est pourtant l'un des pré-requis indispensable à la création des écosystèmes naturels dont nous dépendons pour nous alimenter, respirer etc. Car le corps humain est le fruit d'une évolution et d'une adaptation de plusieurs millions d'années aux conditions particulières qui règnent sur Terre. 

Or la rapidité des changements écologiques en cours depuis l'avènement de l'ère industrielle, ne permet plus cette adaptation nécessairement progressive. Ainsi, la biodiversité dont nous dépendons pour notre survie, disparaît peu à peu, d'où cette inquiétante "6ème extinction de masse" - en cours depuis le XIXème siècle - selon de nombreux écologues et autres spécialistes des écosystèmes. Pour rappel : la 5ème extinction avait vu la disparition des dinosaures, incapables de s'adapter aux changements écologiques rapides engendrés par l'arrivée d'une météorite géante.



Un faux-prophète qui s'appuie sur notre envie... de ne rien changer


L'utopie de la colonisation spatiale serait inoffensive si elle ne détournait pas une partie du public de l'unique solution qui s'offre réellement à nous : préserver la seule planète de notre système solaire habitable par notre espèce. Ceci, en limitant notre niveau de consommation et notre démographie. Car le fait de penser que des scientifiques vont trouver des solutions miracles à la crise de la biodiversité et du climat est contre-productif. Ces faux-espoirs ralentissent l'acceptation par le public des vraies solutions qui peuvent être appliquées dès maintenant mais sont hélas peu populaires car quelque peu contraignantes. 


Elon Musk lors d'une présentation Tesla - dr

Elon Musk est une star comme seule notre époque en crise peut en produire. Milliardaire avant l'âge de 40 ans grâce à des talents de visionnaire dans le monde impitoyable des affaires, l'homme convainc tout azimut. Il réconcilierait presque les passionnés de sport mécanique et les néo-bobos se raccrochant à la moindre information positive en matière d'environnement. 

C'est d'ailleurs de là que Musk tire son aura. Il va à contre-courant de tous les spécialistes de l'écologie. Pour lui l'avenir est porteur d'espoir. L'écologie est forcément positive. Elle n'est plus contrainte, elle devient plaisir et même synonyme de croissance infinie, dans un monde qui n'est pourtant pas extensible. Nous n'aurions donc plus à fermer le robinet en nous brossant les dents, ni même à éteindre la lumière en quittant notre chambre. 

Une fois la planète saturée, nous partirions pour Mars, sans nous retourner. Le drame, c'est que le grand-public ne cherchera pas plus loin. En effet, ce faux-espoir est suffisant pour le maintenir dans une bulle de positivité face à la réalité des crises écologiques. Ainsi il ne perd pas confiance dans la capacité du "progrès" à lui offrir des solutions qui ne lui demandent aucun effort. Et si Musk, remporte la bataille des esprits avec cette communication simpliste, le milliardaire ralentit la transition écologique vers une vie plus sobre. Il laisse accroire à de nombreuses personnes qu'il serait possible de continuer à vivre comme avant, en roulant en voiture électrique et en consommant de l'électricité renouvelable. Deux secteurs dans lesquels le milliardaire est d'ailleurs très investi. 

En réalité, quelque soit leur niveau de déploiement, ces deux dernières propositions ne permettront qu'un répit de courte durée et sûrement pas un mouvement capable d'inverser le réchauffement du climat et l'érosion de la biodiversité dans un monde en croissance économique et démographique. En effet, comme toutes les batteries électriques, celles fabriquées par Tesla, doivent être changée moins d'une dizaine d'années après leur mise en service. Elles sont également loin d'être entièrement recyclables puisque le constructeur annonce que 40% des composants de ses batteries ne sont pas recyclés. 

Tesla espère évidemment améliorer ce taux, mais il est impossible de recycler des alliages de métaux à l'infinie. Il y a toujours des pertes de matière, d'où le taux moyen obtenu par la société d'Elon Musk. De plus le "recyclage partiel" d'une batterie nécessite la réalisation de processus chimiques polluantsAinsi, le dirigeant de Tesla serait bien avisé de suivre le conseil d'Albert Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré. »


Jérémi Michaux

mardi 20 mars 2018

L'État français peut-il porter la transition écologique ?




Depuis 2009 et le lancement par l'État, du "plan Ecophyto" visant à réduire les pesticides de synthèse, la consommation de ces derniers n'a cessé d'augmenter. Un paradoxe d'autant plus étonnant, que dans le même temps : 

  • Les français consommaient de plus en plus de produits bio (environ 10% de croissance/an)
  • La surface agricole totale diminuait, de près de 50.000 hectares par an à cause de l'artificialisation des sols (1ha = 1 terrain de rugby)
  • La part du bio dans la "surface agricole utilisée" (SAU) augmentait sensiblement (voir ci-dessous)


Entre 2009 et 2014, tous les feux semblaient au vert, pourtant, la consommation de pesticides augmenta de plus de 5% par an. Et ce malgré les 361 millions d’euros de financement dévolu à Ecophyto. Selon les spécialistes de l'agriculture alternative, les réponses se trouvent dans le fonctionnement même du système agricole industriel. Des mécanismes complexes, mais parfaitement décryptés dans ce documentaire de Cash investigation ou dans cet article du site internet Bastamag. 


Les agriculteurs plébiscitent les pesticides... les consommateurs préfèrent le bio



En parallèle de cette hausse globale de l'utilisation de pesticides, la consommation de produits agricoles bio a continué à croître d'environ 10% par an depuis 2008. Il faut dire que grâce à l'excellent travaille d'information réalisé par le monde associatif et par quelques médias, les français sont de plus en plus au courant des dangers que l'utilisation de pesticides représente pour tous les êtres vivants.

Longtemps réfractaires, les grandes surfaces suivent le mouvement et certaines ont même investi dans des chaines de magasin bio. C'est le cas de Monoprix avec Naturalia, d'Auchan avec Cœur de nature, ou encore de Carrefour qui a lancé Carrefour Bio. Le nombre de magasins spécialisés a ainsi augmenté de 18% rien que sur l'année 2017. Une dynamique également prometteuse pour l'emploi. Les fermes bio, souvent moins mécanisées que les conventionnelles, ont recours à davantage de main-d'œuvre. Selon un rapport de l'Inra datant de 2013, elles emploieraient 60% de personnel en plus, pour une surface équivalente. Cela représente 2,4 "équivalents temps plein" pour l'agriculture bio, contre 1,5 emploi pour le conventionnel.


Les conversions en agriculture biologique se multiplient donc malgré l'échec des plans successifs de réduction des pesticides pilotés par l'Etat mais surtout, malgré le peu d'aides octroyée à ce secteur. Car contrairement à la communication gouvernementale, l'agriculture biologique est relativement peu subventionnée par rapport aux services qu'elle rend à la société.

Elle préserve en effet la ressource en eau, ce qui réduit le coût colossal du traitement à cause des pollutions d'origine agricole. En 2011, une étude du Conseil général au développement durable (CGDD) estimait la facture totale à plus d'un milliard d'euros. Mais ce n'est pas tout car l'agriculture biologique préserve davantage les pollinisateurs des cultures, dont la présence permet d'augmenter les rendements. Cela limite le recours aux engrais. Enfin, les coûts de santé publique sont moindres pour les travailleurs agricoles, les riverains et les consommateurs.

Les français qui plébiscitent l'agriculture biologique semblent être les véritables moteurs de cette transition vers l'agriculture bio. Reste à savoir si cette dernière est capable d'aller plus loin dans son respect "du vivant" et ainsi éviter les dérives liées à l'industrialisation de ses filières, au détriment des principes de l'agro-écologie.


L'entreprise publique EDF plombe la transition énergétique française



Moins de 20% de l'électricité produite en France est renouvelable - CDE via Observ'ER 

En octobre dernier, Europe 1 révélait que le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot souhaitait en toute discrétion, réduire les objectifs européens de production d'énergie renouvelable. Un mois plus tard, il revenait de manière invraisemblable sur la loi portée par son prédécesseur, qui consistait à diminuer la part du nucléaire à 50% du mix électrique en 2025.

Ainsi, malgré le greenwashing gouvernemental qui voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes en matière d'énergie renouvelable, la France est très loin du compte. Notre pays, relativement venteux et ensoleillé est l'un des États européen dont la part d'énergie renouvelable est la plus faible avec seulement 19% de la production électrique (dont 12% d'électricité issue des barrages hydraulique).

Le "mix électrique" français reste ainsi très peu diversifié puisqu'il s'appui - fait unique au monde - à plus de 70% sur le nucléaire, avec un coût de plus en plus important pour l'État et donc pour les citoyens. En effet, le sauvetage d'Areva, la maintenance des centrales vieillissantes, le démantèlement des centrales vétustes et le stockage des 130.000 tonnes de déchets radioactif produit chaque année plombent les comptes de l'entreprise publique EDF, qui cumule une dette brute de plus de 75 milliards d'euros en 2017.



Les EnR restent très marginales dans le mix électrique - ©Connaissance des Énergies, d’après chiffres 2016, RTE

Les citoyens à l'origine de 40% des projets d'énergies renouvelables allemands



Au contraire en Allemagne pays souvent cité en exemple en matière de transition, la production d'énergie est beaucoup moins centralisée. Plus de 70 régies municipales de production d'énergie locales y ont été créées depuis l'an 2000 (souvent dans les anciennes régions charbonnières de l'est, mais aussi à Hambourg, à Berlin...).

A la clé, des bénéfices pour dynamiser ces territoires : selon le spécialiste en énergie, Andreas Rüdinger, cité par Alternatives économique de janvier 2018 : "Une étude, commanditées par une fédération de régies municipales d'énergies dans le land de Hesse a démontré que la valeur économique ajoutée localement peut être multipliée par huit si le projet est entièrement contrôlé et financé par les acteurs du territoire (citoyens, collectivités et entreprises)".

Mouvement  écologiste et solidaire Alternatiba à Paris

En France, la loi de 1946 interdit la création de nouvelles entreprises locales publiques de production d'électricité en dehors de celles déjà autorisées. Pour contourner cette limitation, de petites coopératives citoyennes d'énergie renouvelable (EnR) voient le jour depuis une dizaine d'années. Elles sont souvent soutenues financièrement par les mouvements citoyens tels qu'Alternatiba ou par le fournisseur coopératif Enercoop. Ce dernier a l'obligation d'acheter à des producteurs d'EnR, l'équivalent de chaque kilowatt consommé par ses clients.

Selon un rapport de l'Ademe (Agence nationale de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), paru en 2016, les 160 projets participatifs totalisaient environ 3% de la puissance éolienne installées et moins de 1% du photovoltaïque. A titre de comparaison, en Allemagne c'est près de la moitié de la production renouvelable qui est gérée par des particuliers. Cet effort citoyen, intimement lié à l'abandon du nucléaire par l'Allemagne, représenterait globalement près d'un millier de coopératives de production et environ 100 milliards d'euros d'investissement.

Au Danemark, des coopératives locales détiennent 80% des projets éolien alors qu'en Ecosse, un objectif minimal d'électricité produite par les citoyens a été fixé à 500 mégawatts, soit 6.5% des capacités installées en 2015.


Hulot ministre, contribue-t-il à freiner l'écologie ?


Avec Jean-Bernard Levy, président d'EDF sponsor de sa fondation

Outre les tarifs de rachat de l'électricité relativement bas, le problème des projets citoyens français est culturel. Contrairement à la majorité des autres pays européens, le monopole de l'entreprise d'Etat EDF sur la production d'électricité a contribué au désinvestissement des citoyens des questions énergétiques. Et ce n'est pas la suppression par l'Europe des tarifs d'achat réglementés au profit des appels d'offres en 2015 qui inversa la tendance. En effet, le dispositif exige de coûteux investissements pour réaliser des études d'impact et de faisabilité. Un investissement que les collectifs citoyens peuvent rarement se permettre au bénéfice des grands groupes de l'énergie.

C'est ce type d'aberration qu'il serait utile de rappeler à Nicolas Hulot, au cours du débat public qui est censé inspirer la future publication pluriannuelle de l'énergie (PPE). Cette étape obligatoire mais qui semble d'ors et déjà dévoyée, a été lancé ce 19 mars et s'achèvera au mois de juin prochain. Contrairement aux attentes suscitées par un ministre de l'énergie, adulé dans certains milieux écologistes, l'actuel projet de cette PPE n'aborde ni la question du nucléaire, ni celle de la réduction de la consommation énergétique. Mais est-ce si surprenant, lorsque l'on sait qu'à l'image de nombreuses fondations, celle du ministre est largement financée par EDF ?

Se faisant, le ministre de l'énergie se rend-il compte de sa contribution à l'émiettement de l'espoir, cet état mental propice à l'action de ceux qui pensent que l'humanité a les ressources suffisantes pour stopper le dérèglement climatique et la 6ème extinction de masse ? (la 5ème avait vu la disparition des dinosaures). Des catastrophes dont de plus en plus de spécialistes documentent le fait qu'elles sont à l'origine de plusieurs sécheresses, famines, guerres civiles et migrations forcées. Hélas, seule la dernière assertion concerne, plus ou moins directement, ceux qui ont les moyens d'en limiter les conséquences.


Michaux Jérémi